Et si vous passiez de l’autre côté du miroir ici-et-maintenant ?

« Bien qu’un visage apparaisse à la surface du miroir,

Il n’est pas là.

Aussi, aucune autre chose n’a jeté sa forme sur le verre.

Tandis qu’il n’y a rien là, sa ressemblance apparait

Et cela est perçu comme étant distinct du miroir.

Sache que les phénomènes manifestés sont comme cela. »

Longchènpa rinpoché

Ici, Longchènpa, un maître tibétain de la tradition spirituelle dozgchèn, explique la nature illusoire des perceptions ici-et-maintenant. C’est tout le propos de l’allégorie de la Caverne de Platon.

Le savoir intellectuellement est une chose, le réaliser par l’expérienc en est une autre bien moins aisée et très bénéfique !!

Longchènpa ajoute :

« Il n’y a pas d’objet des sens ;

Ils sont mais ils sont l’esprit lui-même.

L’esprit-mental agité par ses tendances habituelles

Est ce qui perçoit les apparences comme étant extérieures. »

Longchènpa

De la même façon, mais sans nous ménager, le grand siddha Dombi Hérouka dit :

« Le corps, l’esprit, la non-dualité –

Transparence spacieuse et détendue.

Penser que corps et esprit sont deux choses séparées

Est une chose névrotique, dingue et bien perturbée ! »

Le grand siddha Dombi Hérouka

Le plus gros challenge des yogis sur la voie de l’éveil non-duel est de réaliser la différence entre :

«  …  le mode de l’apparence, c’est-à-dire la façon dont une chose nous semble être et le mode de réalité sous-jacente, c’est-à-dire ce qu’est effectivement cette chose (perçue), sa véritable nature.

Les problèmes surviennent lorsque nous ne faisons pas la différence entre eux. »

Khènpo Tsultrim Rinpoché

Dans l’exemple du miroir, le mode de l’apparence de la chose est d’être un objet perçu comme réel dans le miroir ; sa nature véritable (mode de réalité sous-jacente) est d’être une apparence illusoire dénuée du moindre atome : en l’apparence point d’objet.

Longchènpa nous dit :

« Sache que les phénomènes manifestés sont comme cela. »

Longchènpa

C’est-à-dire que TOUT ce que nous percevons est de même nature qu’une image dans un miroir. « En vérité »,  nous ne percevons donc non pas des objets mais des apparences-objets. Tout ce que nous percevons, notre “univers individuel” est donc semblable aux images dans un miroir.

Les neuroscientifiques ne disent pas autre chose :

« Ce que nous voyons est en permanence une reconstruction de la réalité extérieure. »

Stanislas Dehaene – Neurospin / INSERM CEA Saclay

Le Mahamoudra du Gange dit :

« La nature de l’esprit est depuis toujours semblable à l’espace :

Il n’est rien qu’il ne contienne. »

Le Mahamoudra du Gange

Cela indique que toute perception est le déploiement magique illusoire (tels les arcs-en-ciel) de l’esprit en l’esprit semblable à l’espace.

Toute perception est donc le fruit de notre système perceptif, qu’il s’agisse des images, des sons, des odeurs, des saveurs, des sensations tactiles ou des pensées-affects…

Certes ces perceptions sont conditionnées par des stimuli du monde physique indépendant de nous ; mais nous n’avons jamais accès directement au monde extérieur lui-même, ce n’est pas lui que nous voyons : nous n’avons accès qu’à ce que note système perceptif nous laisse expérimenter. C’est-à-dire ce qu’il génère comme apparitions sensorielles.

Ce que nous percevons est “le monde extérieur” mais participe de l’esprit.

Cependant, par méconnaissance de cela, par méprise (appelée ignorance fondamentale), nous prenons ce que nous voyons, entendons, sentons… comme extérieur et non le produit de notre système perceptif.

De la même façon que des rayons lumineux pénètrent un cristal et en ressortent sous d’autres apparences, les stimuli impactant nos sens sont  filtrés-traités par le système perceptif et au final ce dernier fait émerger des apparitions (les rayons sortant du cristal) : le monde perçu !

Le monde perçu n’est donc pas extérieur mais le déploiement-raonnement de nos consciences multisensorielles : notre esprit.

Quelle Magie !!! Vous êtes un magicien cosmique, la plus belle merveille du monde !

En affirmant que tout le perçu « est en permanence une reconstruction de la réalité extérieure », il ne s’agit pas de dire que personnellement nous faisons la pluie et le beau temps et régulons le rythme des planètes. Plutôt, il s’agit de dire « la Lune que je vois est celle que génère ma conscience visuelle, en dépendance de nombreux facteurs. »

Si nous sommes une assemblée de dix personnes à regarder la Lune, la Lune que perçoit chacun est une production sensorielle propre à chaucun : il y a autan t de Lune que de consciences stimulées par les “ondes lumineuses” provenant de la Lune.

Pour des guillemets à “ondes lumineuses” ? vous avez peut-être déjà deviné….

Parce que la lumière ne provient pas de la Lune, la lumière est ce qui SORT du “cristal-esprit”. Ce qui vient de l’extérieur et impact votre oeil n’est pas de la lumière mais des ondes. La lumière elle est le fruit de votre système perceptif. Ainsi en dehors d’une conscience visuelle générant des apparences point de lumière !

La lumière n’est pas un phénomène du monde mais purement spirituel, au sens propre du terme. Les réaliser c’est accéder à l’éther ici-et-maintenant, pleinement enraciné en le quotidien, puisque ce dernier participe DEJA de l’esprit puisqu’on ne perçoit que lui, le corps subtil.

En fait tout le perçu est lui dpeuis toujours et à tout jamais. Nous ne pouvons échapper à cela. Nous pouvons avoir l’impression qu’il en est autrement, c’est se méprendre, être illusionné. Cette méprise elle-même est illusoire, car elle n’a pas le pouvoir de rendre réellement extérieur ce qui est par nature les rayonnements de l’esprit. Nous sommes dansl a caverne à tout jamais, notre temple secret…. Mais encore faut-il le réaliser.

De la même façon, en dehors d’une conscience sonore générant des sons point de son ! Le monde est donc silencieux, seul votre esprit est bruyant.

Les voies d’éveil non-duelles, c’est-à-dire toutes les voies ésotériques des grandes traditions spirituelles, par opposition à leurs voies exotériques qui peuvent nous laisser au milieu du gué, conduisent le méditant à l’expérience directe qu’il en est ainsi.

Réfléchir intellectuellement à ces sujets est nécessaire, mais cela conduit extrêmement rarement l’individu à expérimenter concrètement qu’en effet tout le perçu est le déploiement de nos consciences, c’est-à-dire l’esprit.

En revanche, le yogi qui a pris le temps de préparer son jardin intérieur pour faire fleurir ce type d’expérience accède au dévoilement des mystères à coup sûr ! A ce jeu il n’y a pas qu’une médaille d’or : nous avons tous la possibilité de monter sur la première marche des J.O. du méditant 😉

Réaliser la nature illusoire des perceptions (ce qui est bien plus que penser appréhender le sujet intellectuellement), c’est réaliser notre nature de bouddha, accéder au troisième stade du chemin vers l’éveil en cinq stades.

Cette étape se prépare, se déguste et se stabilise. Mais elle n’est surtout qu’un début : elle marque « l’entrée en le courant » qui permet au yogi d’aborder la pratique des tantras depuis la Vue, c’est-à-dire le placement en la nature de l’esprit. C’est à partir de ce point que ces pratiques manifestent toute leur puissance pour aider le yogi à cheminer sur les étapes avancées du chemin vers l’éveil.

Sans être guidé, tout cheminant sur cette voie risque de se perdre et de ne pas toucher au but.

De nos jours, on ne compte plus ceux qui font une extraordinaire « soupe chinoise » en amalgamant sans discernement les enseignements traditionnels des voies d’éveil et certains travaux scientifiques, tels que la physique quantique.

Rappelons simplement que depuis la nuit des temps, et à tout jamais, nous n’avons besoin de personne ni de rien pour avoir accès à nos perceptions : les sons sont sons, les odeurs sont odeurs, les images sont images…. Les voies d’éveil conduisent le yogi à réaliser la nature de ces apparitions. Et cela ne demande ni instrument scientifique, ni connaissance scientifique, ni toute forme d’idéologie. Les éveillés n’ont pas attned la science pour s’éveiller et il en sera de même à l’avenir.

A une époque où “tout doit passer par la science pour avoir du crédit”, il est clair que nous pouvons perdre beaucoup de temps et nous perdre à considérer certains travaux scientifiques.

A titre d’exmple : l’une des sommités française en matière de nature des pecpertions flirte avec les notionsn en jeu dans l’éveil, mais reste totalement hermétique aux voies d’éveil. Paradoxal non ?

En revanche, un enfant ne sachant pas encore parler peu expérimenter la nature illusoire des perceptions, car elles relèvent depuis toujours et à tout jamais de la nature de l’esprit.

Alors pourquoi l’adulte a-t-il tant de mal à réaliser la nature illusoire des perceptions ?

« Dans la tradition du Mahamoudra, il est dit que Mahamoudra est :

trop proche pour être reconnu,

trop profond pour être saisi,

trop simple pour être cru,

trop merveilleux pour être compris par l’intellect

Tels sont les quatre obstacles qui empêchent de reconnaître Mahamoudra. »

L’un de challenges des guides est donc d’introduire le méditant à cette grande simplicité primordiale de l’esprit.

Ceci se prépare …

1- en mettant le mental au repos,

2- en aiguisant notre discernement en certaines directions et

3- en créant les conditions favorables à l’émergence de l’expérience de la nature de l’esprit (Mahamoudra).

Pour aller plus loin

Deux invitations pour aller plus loin:

  • un coffret pédagogique innovant et traditionnel sur le sujet
  • un lieu de retaite

Découvrir le coffret pédagogique

Un lieu propice

La première des conditions favorables à réunir est le lieu où le méditant fait retraite :

« Premièrement, le lieu doit être considéré.

Il devrait être une solitude plaisante. »

Longchènpa

Cela faisait longtemps que je songeais créer un lieu de retraite agréable et adapté à certaines pratiques comme les méditations dzogchèn s’appuyant sur les paysages spacieux. Je peux enfin vous accueillir à GARZEN, un espace de retraite cosy où je vous partagerai des Trésors…

A tout de suite pour découvrir le programme des retraites…