« Il n’y a personne qui soit né sous une mauvaise étoile. Il n’y a que des gens qui ne savent pas lire le ciel. »

Le Dalaï Lama

Abordons ces propos sous un angle très rarement enseigné et pourtant au coeur de la pensée du Dalaï Lama.

Cet article est né en croisant la Lune ce matin lors de ma balade en VTT…

Une nouvelle fois, le Dalaï Lama nous invite au discernement de notre nature de bouddha : la nature des apparences.

Abordons cela avec un peu de théorie et un exercice pratique lié à la Lune.

Tous les êtres (sans exception) possèdent la nature de bouddha, donc tous les êtres sont placés sous « cette bonne étoile ».

D’où « Il n’y a personne qui soit né sous une mauvaise étoile. »

Ce qui distingue les êtres réalisés de ceux qui ne le sont pas est UNIQUEMENT la reconnaissance de cette nature de bouddha. D’où « Il n’y a que des gens qui ne savent pas lire le ciel. »

La non-reconnaissance de « la nature de bouddha » a de nombreux impacts sur notre vie émotionnelle, relationnelle, professionnelle… Et la quasi-totalité des voies de développement personnel laissent l’individu au milieu du gué car, bien qu’efficaces à un certain degré, elles ne conduisent pas l’individu à la réalisation de sa nature profonde (l’éveil tel que visé par la voie du Bouddha par exemple).

Toutes les grandes traditions spirituelles déploient « leurs moyens habiles » pour conduire l’individu à la reconnaissance de cela. Les vrais faux débats qui animent ceux qui véhiculent l’idée contraire ne sont qu’affaire de méconnaissance (non réalisation de leur propre mystique) ou de manipulation.

Pour faire extrêmement bref sur la nature de bouddha : l’ensemble des perceptions (visuelles, auditives, pensées…) sont générées par notre système perceptif. Donc, PAR NATURE, les perceptions sensorielles et mentales sont notre « esprit ». Elles sont donc TOUTES de même nature que les perceptions oniriques. Bien que leurs causes d’apparition diffèrent.

Pareille aux apparences oniriques, la NATURE des apparences est donc clarté-vacuité : les apparences (visuelles par exemple) sont donc l’union de l’apparence-vide (comme l’arc-en-ciel) et de l’espace.

Les neuroscientifiques quant à eux déclarent que les perceptions sont le cerveau… je vous laisse faire le pont entre ces deux points de vue…

Vaste et profond sujet !

PRATIQUE

Traitons cela avec la perception visuelle de la Lune. Réinvestir cette méditation en direction des pensées et émotions est très très puissant et libérateur ! ce qui suit vaut 9 kg d’Or !

Notre système perceptif génère la Lune en notre champ visuel, en fonction des stimuli sensoriels.

PRENDRE LE TEMPS DE REGARDER MEDITER CE QUI SUIT, PAS A PAS.

Quand nous regardons cette image de la Lune et de l’avion, nous avons l’impression que la Lune a perdu une moitié, et que la partie manquante a laissé place à de l’espace. Telle peut être NOTRE PERCEPTION DIRECTE. Notre expérience est dénue de matérialité dans la zone de la Lune manquante. Cette zone est vide de Lune…

  1. la Lune a perdu une moitié, et que la partie manquante a laissé place à de l’espace. Telle peut être NOTRE PERCEPTION DIRECTE. Notre expérience est dénue de matérialité dans la zone de la Lune manquante. Cette zone est vide de Lune…
  2. nous pouvons ressentir que la partie de la Lune manifestée est insubstantielle et que l’avion va la traverser sans qu’elle n’oppose la moindre résistance puisqu’elle n’est que lumière.

Essayer de voir-sentir cela… c’est faire un pas vers la reconnaissance de la nature toute spirituelle des apparences : la magie de votre esprit.

Même si dans le même temps « ceci » est le « monde ».

Vous pourrez prendre le temps de faire cela avec la Lune dans le ciel DIURNE chez vous.

« Nous ne sommes pas des être humains vivant une expérience spirituelle ; nous sommes des êtes spirituels vivant une expérience humaine. » Pierre Teilhard de Chardin

Prendre le temps de se poser pour observer cette Lune en plein jour, constater qu’elle n’est qu’une (partie de) sphère faite uniquement de lumière : voilà un pas significatif sur la voie des yogis dzogchèn ou de la voie du Mahamoudra.

Étendre ce mode de perception à l’ensemble des apparences est ce que permet la voie du Bouddha. Puisque depuis toujours toutes les apparences sont le déploiement magique de notre esprit.

« Le corps, l’esprit, la non-dualité –

Transparence spacieuse et détendue.

Penser que corps et esprit sont deux choses séparées

Est une chose névrotique, dingue et bien perturbée ! »

Le grand siddha Dombi Hérouka

Question subsidiaire : qu’est-ce donc que le ciel ?