sommeil

Savez-vous que votre sommeil influence votre progression en méditation ? Prenez-vous soin de votre sommeil et savez-vous l’influence qu’il a sur votre mémoire ?

Dans cet article nous aborderons l’importance du sommeil. En fin d’article, j’évoquerai la façon dont les yogis utilisent aussi le sommeil pour méditer. Depuis plus d’un siècle, les scientifiques étudient l’influence du sommeil sur la mémoire. Si les interactions entre le sommeil et la mémoire ne sont pas encore très bien connues, les connaissances en ce domaine ne cessent de croitre : elles confirment l’influence du sommeil sur la mémoire. Il est désormais admis que le sommeil joue un rôle actif dans la formation et l’accroissement de la mémoire et de souvenirs.

Plusieurs théories sont envisagées pour expliquer comment le sommeil consolide la mémoire et comment les souvenirs sont stockés sur le long terme.

Presque toutes les théories considèrent deux phases du sommeil (le sommeil profond et le sommeil paradoxal) ont une influence significative sur la mémoire.

La mémoire à long terme (1) peut être divisée en deux catégories : la mémoire déclarative et la mémoire procédurale. La mémoire déclarative concerne tout ce à quoi nous pensons, par exemple le souvenir des feuilles d’automne. La mémoire procédurale concerne les apprentissages et les automatismes comme le fait de savoir faire du vélo, qui ne nécessitent pas un rappel conscient de l’apprentissage des gestes. Notre mémoire est un vaste dépôt d’apprentissages.

Le sommeil affecte ces deux types de mémoire à long terme. Un mauvais sommeil peut donc être lourd de conséquence.

La mémoire déclarative nous ramène à la mémoire les souvenirs, notre vie y est stockée. Nous pouvons intentionnellement y puisez des souvenirs tant factuels qu’émotionnels qui ont été gravés à des moments intenses de notre vie. C’est pour cette raison que si des émotions accompagnent nos apprentissages, nous avons plus de facilité à nous en souvenir. Si nous voulons augmenter la mémorisation d’un évènement ou d’un contenu, il est donc judicieux de créer des émotions si la situation n’en fait pas s’élever naturellement. Si vous souhaitez passer un message important, faites le vivre à vos auditeurs avec de l’émotion.

Méditez pour votre bien

A titre d’exemple : en méditation il est toujours conseillé de s’installer avec bonté à notre égard. C’est générer un sentiment positif propice au-lâcher prise mais c’est aussi nous mettre en capacité de mieux mémoriser le contenu de la séance. Il est donc important de maintenir ce sentiment de bienveillance à votre égard durant toute la séance. Imaginez la puissance des rituels qui du début à la fin comportent une intention altruiste aimante à l’égard de tous les êtres ! Les sages ont vraiment une sagesse empirique puissante !

Boostez vos souvenirs par le sommeil !

Les souvenirs déclaratifs sont tout d’abord stockés dans une zone spécifique du système cérébral et stockés temporairement jusqu’à ce qu’ils soient consolidés dans un processus que nous croyons maintenant dépendant du sommeil. Si vous voulez vous souvenir d’une belle journée : passez une belle nuit de sommeil !

Pendant le sommeil profond les souvenirs déclaratifs, stockés temporairement durant la journée, sont réactivés et redistribués à d’autres réseaux cérébraux pour le stockage à long terme. Cette fonction se met en place dès les premières années de la vie. Une étude faite sur des bébés de six à douze mois a démontré qu’après un somme d’au moins 30 minutes après l’apprentissage de nouveaux comportements, les bébés ayant dormi se rappelaient mieux ces comportements que les bébés n’ayant pas dormi.

Les études démontrent aussi qu’un sommeil insuffisant affecte négativement le stockage à long terme de la mémoire déclarative. Les personnes faisant de l’apnée du sommeil entrent rarement en sommeil profond. Leur mémoire déclarative est donc affectée.

La mémoire procédurale concerne les souvenirs basés sur les compétences liées au mouvement et la sensation. Beaucoup d’activités quotidiennes comme lacer ses chaussures, conduire une voiture, faire du sport… relèvent de la mémoire procédurale. Contrairement à la mémoire déclarative, la mémoire procédurale, souvent appelée mémoire inconsciente ou mémoire automatique, se construit généralement par la répétition, la pratique régulière. Par exemple, les coureurs de haie courent en respectant l’emplacement de leurs points d’appuis entre les haies. Les guitaristes, et tous autres musiciens, comptent sur leur mémoire procédurale. C’est pour cette réponse que les répétitions sont primordiales.

La mise en mémoire de ces apprentissages passe par des zones cérébrales différentes de la mémoire déclaratives mais est aussi conditionnée par la qualité du sommeil.

De bonnes habitudes favorisant un bon sommeil ont donc une forte influence sur nos apprentissages d’habiletés et de compétences motrices mais aussi sur la mémorisation de souvenirs et connaissances.

C’est pourquoi il est important de bien dormir après un apprentissage moteur ou cognitif. Une étude a démontré que ceux qui dorment peu de temps après leur apprentissage mémorisent mieux.

En pratique cela signifie que la veillée tardive n’est pas une stratégie payante. Si on veut être productif, réussir en affaires, au travail et être doués sur les bancs de l’école, mieux vaut se coucher vers 22h00 ou 22H30, 23H00 étant un maxi au-delà duquel on minimise vraiment la mémorisation.

Cela signifie aussi que les petites siestes au cœur d’une journée bien remplie peuvent être un investissement judicieux et fort agréable 😉

Faitre la sieste en retraite méditative

Si vous participez à des retraites méditatives d’un week-end ou plus, je vous conseille vivement de remplacer les bavardages par de petites siestes. Elles vous permettront de minimiser l’agitation mentale, d’ancrer profondément vos expériences méditatives et de reprendre la séance suivante dans de bonnes conditions.

Je comprends le plaisir qu’il y a à rencontrer de nouvelles personnes. Mais à vous de voir si ce plaisir contribue ou non à une « pratique optimum ». Ce n’est pas un hasard si l’ensemble des grandes traditions spirituelles préconisent les retraites en silence.

Pour cultiver notre jardin intérieur, nous avons besoin de sommeil, de calme et de siestes.

Investir en le sommeil ne coute rien et rapporte gros !

L’intérêt du réveil après la sieste

Au moment du réveil, notre mental n’est pas encore très actif. C’est donc un moment propice au lâcher-prise, ou à certaines formes de méditation profonde (mais les yeux ouverts !). durant mes retraite de longue durée (un an et quatre ans), nous réalisions de longs rituels d’une journée ou de plusieurs jours quasiment non stop jour et nuit. Au moment des pauses, je faisais de courtes siestes pour ancrer les expériences de méditation et pour reprendre la session suivante fort de ces ancrages. Reprendre une session juste après une sieste a de très nombreux avantages …

Les yogis et les cycles du sommeil

Il est des pratiques avancées nommées « Les 6 yogas de Naropa », « Les 6 yogas de Nigouma » ou « Les 6 yogas de Soukhassiddhi ».

Ces yogas avancés sont à pratiquer à des moments différents de la vie (veille, sommeil, rêve, mort, union sexuelle, état intermédiaire entre la mort et la prochaine renaissance). Certaines instructions du yoga du rêve permettent d’utiliser les périodes du cycle du sommeil où l’on peut se réveiller légèrement (généralement toutes les deux heures) : ces moments sont utilisés pour repartir dans le rêve puis le sommeil avec des instructions particulières.

Le yoga du rêve permet de développer des tendances altruistes ou un discernement profond au coeur même du rêve. Le discernement le plus subtil et le plus profond étant la reconnaissance de la nature de notre esprit au coeur même du rêve: les apparences sont alors reconnues comme illusoires. Il devient alors possible de prendre conscience de nos projections et de nos façons subjectives d’habiter les situations. Alors les schémas répétitifs peuvent être auto-libéré et remplacés par des attitudes, paroles et pensées positives et bénéfiques à soi et à autrui.

Le yoga de la claire lumière (pratiqué durant le sommeil) ancre les tendances positives et scelle l’union à la Conscience Base de tout, indifférenciée de celle de tous les bouddhas.

En pratiquant ces genres d’instructions évoquées ici, certains yogi himalayens méditent 24/24H !

 

(1) http://lamemoirehumaine.over-blog.fr/article-les-differents-types-de-memoire-63668463.html