La jalousie est une émotion qui prend plusieurs formes. Dans les textes bouddhiques de l’Abhidharma il est dit:

La « jalousie » s’apparente à l’hostilité. La jalousie y est définie comme « une émotion perturbatrice focalisée sur ce que les autres ont accompli, que ce soient des accomplissements d’ordre personnel, matériel ou professionnel – comme leurs qualités, leurs possessions ou leurs succès – et sur l’incapacité à supporter leurs réussites à cause d’un attachement excessif à nos intérêts personnels ou au respect que nous pouvons recevoir. »

Abhidharma

La « jalousie » au sein d’un couple, telle qu’on la conçoit généralement ne relèverai pas, selon le bouddhisme de la jalousie mais de l’attachement, de la peur de la perte, de la soif de pouvoir ou d’autres tendances qui ne relèvent pas de la jalousie telle qu’on vient de la définir.

Que la jalousie soit liée à une possessions d’autrui, à ses qualités, à ses réussites, ses relations… le Bouddha a conseiller une antidote:

Antidote à la jalousie

Se réjouir du bonheur d’autrui

Le Bouddha

Cette approche peut être simpliste, mais elle conduit l’individu à décentrer son centre d’attention tourné sur lui-même. C’est précisément ce centre (ego) frustré, non-satisfait, qui va sans cesse comparer autrui à lui-même. Autrui « devient » alors une source de souffrance. Mais la racine de cette souffrance est la saisie d’un soi qui demande à être satisfait à travers des biens, des réussites, des relations… L’émergence de la perception d’un soi (égo, centre) est précisément le grain de sable qui arrache l’individu à sa nature profonde dénue d’émotions perturbatrices: seul un esprit duquel émerge un sentiment de soi (centre, ego) génère et endure les émotions perturbatrices. Tel est l’enseignement du Bouddha.

Mais en menant l’examen plus loin, le bouddha a constaté que ce centre (le soi, ego) est un mouvement cognitif parmi d’autres, rien de plus. Et qu’il peut ne pas émerger. Voire, lorsqu’il émerge « l’observateur » peut constater que ce centre se manifeste mais qu’on ne peut le localiser. C’est donc le signe, le sceau, qu’il est illusoire:

Le soi se manifeste mais n’existe pas

Le soi n’existe pas mais se manifeste

Quelle merveille que cet esprit Grand Magicien!

Arnaud Guétcheu

Vaccin contre la jalousie

LA voie du Bouddha comporte différentes approches pour « traiter » les émotions. Si l’on compara la jalousie à une maladie et le Bouddha à un médecin, on peut dire que la cause de la maladie est la saisie d’un soi (centre, ego). Et les différentes méditations et approches pour pacifier la jalousie sont les médicaments prescrits par le Bouddha.

Concernant les émotions, les prescriptions du Bouddha sont de trois ordres: elles sont semblables au bucheron, au pharmacien ou au paon.

En se préservant des situations qui génèrent les émotions perturbatrices, l’individu se comporte tel que le bucheron qui coupe un arbre empoissonné pour éviter les empoisonnements.

En appliquant une antidote à une émotion, l’individu se comporte comme le pharmacien qui transforme des baies empoisonnées en médicament, en antidote contre le poison.

En expérimentant la nature fondamentale (claire-lumière) des émotions perturbatrices, le yogi se comporte tel le paon qui se nourrit des baies empoisonnées pour embellir son plumage. Il ne s’agit pas ici de comprendre que les émotions perturbatrices sont encouragées sur la voie yogique. C’est leur « traitement » qui passe par une voie de transmutation des émotions perturbatrices en sagesse.

Nous sommes encouragés à utiliser des moyens en adéquation avec notre « niveau d’habileté spirituelle ». Ici je vous propose une anecdote pour illustrer l’approche qui passe par les antidotes pour « traiter » les émotions perturbatrices. Lors de mon passage à l’Ecole des Soleils en Inde dernièrement, les enfants ont reçu des micro-cadeaux. Nous craignons de la jalousie entre eux mais nous avons constaté que seule la joie fut de la partie. Ils se sont réjoui du bonheur des autres! A chaque fois qu’un enfant sortait du bureau où avait lieu le tirage au sort pour la distribution des cadeaux, les autres se réjouissaient en découvrant le cadeau reçu par celui qui sortait.

En se réjouissant ainsi spontanément ils n’ont pas été touché par la jalousie. Le fait de se réjouir du bonheur d’autrui a donc joué comme un vaccin contre la jalousie, comme une antidote. Et c’est précisément ce que ce que préconise le Bouddha comme antidote à la jalousie.

Découvrir l’article à ce sujet sur le site de l’Ecole des Soleils

Vous et la jalousie

C’est un vaste et profond sujet qui mériterait bien des développements! Je tenais à évoquer ici uniquement l’approche de l’antidote.

Et vous, avez-vous parfois tendance à ce type de jalousie? Si oui, sur votre coussin de méditation pourriez-vous reconsidérer certaines situations et vous réjouir du bonheur d’autrui?

A méditer…

Cet automne

Cet automne nous reviendrons sur ces notions et verrons en quoi nos perceptions nous trompent et font naître mille et une émotions dont la jalousie. Pour être prévenu.e d’une série de conférences, il vous suffit de remplir le formulaire ci-dessous.