Raclette et méditation

Quel surprenant visuel sur un site de méditation! Vous allez être surpris.e ! La raclette est l’une de mes madeleines de Proust… qui me ramène à des sensations de paix, de lâcher-prise et de générosité. Mais nous allons aller bien au-delà! La raclette va vous aider à entrer dans un univers inconnu et pourtant présent depuis le moment où votre conscience est apparue. Ce moment ensemble pourrait même être une forme de big bang intérieur, ceci produisant les plus grands délices.

En fin de séance, à l’écrit, j’ouvre l’horizon sur nos rapports aux sens donc à la sensualité au sens large comme voie de libération.

La séance est en audio ci-dessous. L’enregistrement a été fait à partir de l’article mais comporte quelques petites choses en plus…

Bien des idées reçues façonnent ce que nous pensons être ou ne pas être la méditation. C’est un domaine si vaste qu’on s’y perd facilement avant même d’en connaitre un seul rayon. Commençons pas le rayon fromage donc. Plusieurs facteurs inspirants m’ont donné envie de vous parler de raclette aujourd’hui.

Nos sens, notre corps, notre coeur, notre bouche peuvent être tout émoustillés à la simple évocation de ce plat. Peut-être avez déjà le goût en bouche, l’odeur en nez et plus encore… notre mémoire sensorielle est puissante et déclenche de nombreux mécanismes.

Cet article sera très bref mais subtil. Nous allons méditer.

Imaginez-vous en train de manger une bonne raclette (ou tout autre plat si vous n’adorez pas la raclette). Prenez le temps de sentir, ressentir la scène avec tous vos sens comme si vous y étiez.

[Méditation]

Qu’est-ce que le goût perçu? Qu’est-ce que l’objet-goût? La sensation elle-même.

[Méditation]

Quand on a quelque chose en bouche, on n a pour habitude d’affirmer: « C’est le fromage, c’est ceci, c’est cela… »

C’est juste. Mais êtes-vous ouvert.e pour aller un tout petit peu plus loin?

Allons-y.

Le processus gustatif est très complexe:

  • des substances rentrent en contact avec nos papilles,
  • qui « envoient des signaux » au système cérébral,
  • qui traite le signal
  • et AU FINAL une apparition sensorielle apparait: c’est le goût.

Prendre le temps de penser à cet enchainement d’étapes indépendantes.

[Méditation]

Sans la langue pas de sensation, sans les substances sur la langue par de perception. Si le cerveau joue un rôle important dans ce processus,  il n’est que matière, un ensemble de réseaux neuronaux complexes. Mais dans VOTRE expérience DIRECTE, dans votre relation avec le goût lui-même, pouvez-vous affirmer que l’apparition sensorielle du goût, le goût lui-même EST votre cerveau?

Pour répondre, regarder le goût « droit dans les yeux » un bon moment sans cogiter, mais en le regardant, en le goûtant.

[Méditation]

Nous faisons l’expérience directe que le goût n’est PAS le cerveau. Et c’est juste. Car la sensation est VOTRE ESPRIT, votre conscience gustative, cet espace intérieur où se déploie la magie des apparitions gustatives.

[Méditation]

Vous avez peut-être opéré un recul en lisant le point précédent. Maintenant êtes-vous en train d’affirmer que le goût EST le cerveau?

[Méditation]

Nous n’irons pas plus loin aujourd’hui, mais je vous invite à méditer la question de très nombreuses fois au coeur de votre quotidien. Ici, méditer ne signifie pas cogiter, mais regarder le goût « droit dans les yeux« , voir s’il est le cerveau ou autre chose. Investiguez par le regard intérieur plus que par l’intellect: goutez cet objet-apparition goût.

Cette investigation peut vous sembler étrange, simpliste voire ridicule. Car vous pensez avoir la réponse. Alors c’est LE MOMENT de laisser la place à la possibilité de découvrir quelque chose qui a le pouvoir de transformer radicalement votre rapport aux sensations-perceptions : la nature essentielles des perceptions.

Après plusieurs investigations au fil de votre quotidien, venez nous faire part de vos découvertes.

A ceux qui auront pris le temps de méditer cela, j’enverrai personnellement de instructions de méditation complémentaires. Car c’est un vaste et profond horizon qui peut s’ouvrir à vous avec ce type d’approche simpliste à première vue. Des Trésors vous attendent en votre propre Coeur-esprit!

Bonne dégustation. A consommer sans modération.

Et si le coeur vous en dit, explorez les autres sens et le mental de la même façon.

Nous poursuivons ci-dessous avec le thème de la sensualité.

 

Aller plus loin: la sensualité

Ce type de méditation ouvre l’horizon sur notre rapport aux sens. Vaste et profond sujet! Il est indéniable que l’Homme est très lié aux plaisirs des sens. Dans la cosmologie bouddhique, le monde humain est précisément celui du désir. Ceci vient du fait que nous expérimentons le monde à travers nos sens: notre esprit génère le monde perçu. Et nous ne pouvons pas vivre en ce monde si notre entendement ne considère pas ce que l’esprit génère comme apparitions multisensorielles et mentales. Notre nature humaine est donc intimement liée à la saisie des perceptions sensorielles.

Cette « création magique multisensorielle » n’est donc faite que des SENS. Quoi donc d’étonnant à ce que le sujet au coeur de l’expérience soit fasciné par les apparitions-perceptions?

La différence entre un yogi initié et un être qui ne l’est pas réside « simplement » en le fait que le yogi a réalisé (demeure en l’expérience) de la nature des apparitions sensorielles et mentales plutôt que de tomber sous la fascination. La reconnaissance de la nature ultime des apparitions (tout ce que nous percevons) laisse néanmoins toute sa place à la vérité relative, c’est à dire au déploiement des phénomènes tels que nous les concevons généralement. Le yogi est donc « un bipède entre ciel et terre » qui reconnait que l’ensemble des phénomènes participent de l’éther, la gnose, ses « trois corps de bouddha ».

La question est donc non pas devons-nous limitons le plaisir sensuel, mais comment faire des sensations un objet de libération?

Le rapport au sens dépend de chacun et les voies sont nombreuses en la matière. Même le bouddha a enseigné de nombreuses façon de faire des sens une voie d’éveil plutôt qu’une voie d’aliénation. Pour résumer les approches proposées on peut les classer en trois catégories qui consistent à considérer le plaisir sensuel comme un bucheron, comme un pharmacien ou comme un paon.

Le Bucheron

Le bucheron coupe l’arbre des désirs car il produit du poison.

Le pharmacien

Le pharmacien cultive l’arbre pour utiliser ses racines, ses feuilles et ses fruits pour en faire des médicaments.

Le paon

Le paon se nourrit des baies empoissonnées et son plumage ne s’en trouve que plus beau.

 

Ainsi, en fonction de notre tempérament et de nos émotions perturbatrices, nous pouvons faire de notre rapport au sens une voie spirituelle à part entière. Nous suivrons alors l’une de ces trois voies ou plusieurs d’entre elles. Vaste sujet qui se décline par des méditations très concrètes ayant toutes pour objectif la pleine réalisation de notre nature profonde, source de très nombreux bienfaits. C’est pourquoi les sens sont de puissantes portes d’entrée vers l’éveil.

Tous les chemins mènent à Rome!

Il est trop tôt ici pour expliquer la représentation ci-dessus du bouddha primordiale Kuntouzangpo en union avec sa parèdre, mais ceci symbolise l’essence des apparitions-perceptions.

Pour en savoir plus c’est par ICI.

 

 

 

5 comments

  • Binard Céline (1 semaine)

    ah bon? et qu’elle est la vision des sages par rapport à cela? ça m’intéresse

    • Arnaud Guétcheu (1 semaine)

      Nous ne pouvons expérimenter que notre propre esprit, nous sommes en lui et le monde est en lui. Il y a des interconnexions entre les êtres, mais chaque être ne voit et n’expérimente que son propre esprit. Vaste sujet qu’il est impossible de traiter via quelques commentaires 😉

  • Binard Céline (1 semaine)

    quand je m’imagine la raclette, j’ai la sensation de gout dans ma bouche comme si je l’a mangeais effectivement si j’y rajoute des ananas, des pommes de terre, je m’imagine la chaleur, le sucré, les différentes saveurs, je me vois entrain de manger en douceur et avec un vrai orgasme gustatif…si le gout était le cerveau, alors je devrai avoir l’aliment sur ma bouche donc ce n’est pas le cerveau, c’est une conscience bien plus vaste et collective comme dirait karl jung…merci pour le partage c’était très plaisant
    bon moi je vais allez manger lol

    • Arnaud Guétcheu (1 semaine)

      Merci Céline. Conscience collective… ça c’est un autre sujet où les sages ne sont pas tout a fait alignés avec Jung…

  • Chadrob Gasho (1 semaine)

    Le bucheron
    Le Pharmacien
    Le Paon

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