La première étape du défi des 20 Maîtres s’est bien déroulée. A travers une série d’articles je vous invite à en suivre le déroulement. Ces articles « Journal de bord » seront largement agrémentés d’enseignements.

Mardi 24 juillet 2012

« Péma Yang Zong », le centre européen de Gangten Toulkou Rinpoché

www.yeshekorlo-pemayangdzong.com

Voilà, l’aventure commence ! Le défi des 20 maîtres débute cet été avec 5 rencontres prévues. Ce matin me voici arrivé à la première étape : « Péma Yang Zong », le centre européen de Gangten Tulkou Rinpoché dans le Jura. Gangten Tulkou Rinpoché est la neuvième Réincarnation de Péma Lingpa (1450-1521), le grand maître et découvreur de trésors spirituels originaire du Bhoutan. Gangten Tulkou Rinpoché est le responsable spirituel d’une trentaine de monastères au Bhoutan et il est à l’initiative de nombreuses associations « Yéshé Korlo » au Canada, aux États-Unis et en Europe.

Ces jours-ci Rinpoché conclut un cycle d’enseignements de plusieurs années, l’accès aux enseignements n’étant réservé qu’aux pratiquants ayant suivi le cycle depuis le début, je vais avoir du temps pour faire mes pratiques personnelles et du temps pour vous écrire.

Situé dans le Jura vallonné, le centre est agréable, paisible et ouvert sur une grande prairie où les vaches paissent tranquillement au loin.

Je vais rester ici quelques jours pour créer des connexions avec Rinpoché et les pratiquants. Le repas de midi fut sympa, nous laisserons les interconnexions dicter le programme des rencontres des jours suivants… Rinpoché sait que je vais rester ici quelques jours « leuleu ». Pour faire simple, on pourrait traduire cette onomatopée tibétaine par « rester tranquille ».

Pendant l’enseignement, je vais en profiter pour écrire quelques articles qui figurent dans la liste des articles en attente… L’inspiration me pousserait à écrire sur… …… ???? ………: « Le repos de l’esprit ».

Le repos de l’esprit

Gangten Tulkou Rinpoché avait enseigné sur ce thème lors de sa dernière venue à Kagyu Ling en 2000 me semble-t-il. Nous reviendrons ultérieurement sur cet enseignement lorsqu’il s’agira d’indiquer les traits caractéristiques de l’enseignement de rinpoché. Aujourd’hui, je vais vous plutôt écrire spontanément, j’aime ça…

Il y a de nombreuses façons pour chercher l’inspiration, ici l’une d’elle s’impose :

Ne rien vouloir !  Ne pas vouloir trouver l’inspiration !

Je marque donc une courte pause… mais une « pause totale »…

Voilà… cela n’a duré qu’une petite minute ! Mais de cette pause émerge ce sur quoi je vais m’appuyer pour vous écrire. D’une vraie pause émerge les réponses. Mais qu’est-ce qui se trouve derrière cette expression « pause totale »…il sera difficile d’exposer brièvement la réponse. Mais on peut trouver une belle illustration dans les enseignements traditionnels : l’histoire de la tortue dans la cuvette.

Une tortue se trouve dans une cuvette sphérique glissante, depuis des millions d’années elle se fatigue pour en sortir et chercher la paix. Puis, un jour, elle s’arrête. Alors immobile, elle s’écrie : « Ouaaaah ! »

Elle vient de trouver la paix !

Que nous indique cette histoire ? D’ordinaire, nous sommes toujours en action, nous cogitons, nous désirons, nous souhaitons, nous craignons, nous espérons, nous nous remémorons le passé, nous anticipons, nous envisageons le futur, nous avons des projets, nous avons des regrets, nous nous agitons, nous allons par-ci par-là… Nous sommes sans cesse en mouvement. Au cœur de ce mouvement il y a un « sujet pensant », MOI, c’est la tortue. Cette tortue cherche le bonheur de mille et une façons; elle cherche, elle s’active, elle est dans le « vouloir ».

Vouloir, c’est là sa grande erreur ! Elle veut… et en oublie de goûter. Il suffit qu’elle se pose pour goûter au repos.

Si nous prenons le temps de marquer une pause en interrompant toute activité physique, verbale et mentale, nous pouvons goûter à notre dimension profonde : le réceptacle au sein duquel s’élève toute cette agitation et duquel elle participe. Notre nature profonde, notre vrai visage, est ce réceptacle vierge duquel et au sein duquel tout s’élève : c’est notre esprit.

En marquant une « pause totale », la tortue se reconnecte à cette base immuable et toujours accessible : sa nature profonde, grande paix et grand contentement. Comment faire cette « pause totale » me direz-vous ? Soit elle se produit, soit on tait tout ce qui la masque, soit on la contemple au-delà de l’agitation.

Nous nous arrêterons ici sur la troisième piste: contempler le repos de l’esprit au-delà de l’agitation.C’est là une bonne nouvelle : nous pourrons contempler le calme avant même que toutes les pensées aient cessé ! Bien de personnes pensent que la méditation parfaite est une méditation sans pensée, c’est une grande erreur. Si une méditation parfaite était un état sans pensée devrions-nous en déduire que les êtres réalisés n’ont plus de pensées, ne réfléchissent plus ? La vérité est ailleurs…

Contempler au-delà de l’agitation

Au moment de faire cette pause juste avant d’écrire cet article, que me suis-je donné comme « instruction de méditation » ?

« Laisse tomber ! »

Cela se dit Rang Bap en tibétain. Cette expression, propre à la lignée des enseignements Shangpa, est vaste et profonde, son explication ne sera ici que partielle.

Que veut donc bien dire Laisse tomber dans notre contexte ? Cette instruction nous demande d’être simple « spectateur abstrait » de tout se qui se passe autour de nous et en nous. Si avant nous étions dans le vouloir, dans le faire, dans les cogitations, dans le lien à autrui, dans notre boîte de réception sms etc… il s’agit maintenant de la « mettre en veilleuse » et de n’être qu’un simple spectateur de tout ce qui se passe ici et maintenant, il s’agit de ne faire qu’un avec l’ici et maintenant. Mais il ne s’agit pas de réfléchir ainsi : « ah ces mouches, il fait chaud, la pièce est grande, j’ai soif… » Tout cela relève des cogitations ordinaires dans lesquelles on s’investit. Ici il s’agit d’être un peu plus en recule et d’être cet observateur qui voit celui qui pense tout cela… Il n’y a guère d’autre solution: tant que nous avons de nombreuses pensées, il s’agit de trouver un « lieu d’observation » qui a un peu plus de hauteur, ou de profondeur… à vous de voir l’expression qui vous parle le plus. Il s’agit d’être comme ce vieil homme assis sur un banc dans un square regardant les enfants jouer, il ne s’implique pas et reste simple « spectateur abstrait ».

Avec d’autres mots nous dirions :

Les pensées s’élèvent en l’esprit comme les vagues à la surface de l’océan, je reste simple spectateur de tout se qui s’élève.

Prenez le temps de méditer quelques minutes ainsi.

Puis en refaisant le même exercice observez cette partie de vous qui souhaite rester spectateur abstrait. Cette partie de vous génère-t-elle des mots, des phrases … ? Essayer de faire la distinction entre cette partie de vous qui observe et cette parie de vous qui génère une foule de pensées malgré vous. Observez et essayez de rester encore au-delà de la partie qui « agit », essayez de sentir cette « tension mobile » qui dirige votre attention vers telle ou telle pensée… Notre esprit, notre attention est comme un culbuto en mouvement, nous passons d’une pensée à une autre. Essayez de distinguer ces pensées de la partie de votre esprit qui les considère. Cette partie est la faculté de connaître, de saisir. Observez vos mouvements cognitifs au microscope sans générer la moindre intention… « Observer sans générer la moindre intention » demande un retour au « point 0″… le grand lâcher prise.

Ceci est un vrai challenge ! Rassurez-vous c’est presque impossible à relever… à moins que cela ne se produise de soi-même ! Lorsque cela se produit vous êtes en rang-bap… C’est le véritable état d’A-tension. Habituellement, la tension, ce mouvement d’attention qui va d’une pensée à une autre est comme une balle de ping-pong, est comparable au lien qui enserre la botte de paille. Couper le lien c’est lâcher prise. Le résultat du lâcher prise est l’ouverture immédiate et spontanée de la botte qui s’effondre alors au sol… Rang Bap c’est couper le lien du « vouloir » et tomber en la nature de l’esprit…

En bref :

Capitulez !

Et restez ainsi.

C’est être leuleu… Mais tant qu’il y ce lien du « vouloir » ou de « l’agir » ce n’est pas rang-bap, ce n’est pas le grand lâcher-prise… En fait la situation est désespérée… on ne pourra pas y arriver… c’est impossible… cela ne pourra que se produire de soi-même. Vous n’avez donc pas le choix, cet état de « pause totale » ne sera pas de votre fait, il est déjà là au plus profond de vous… il s’agit de l’écouter.

Je vais « non-méditer » ainsi…


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