mort3 Et si tout ce que les spiritualités nous racontent sur la mort était vrai dès l’ICI et MAINTENANT ? Dans cet article je vous révèle un secret bien rarement dévoilé !! Vous appréhendez la mort ? Elle est un mystère pour vous ? Je vous invite loin des sentiers battus en vous permettant d’avoir un nouveau regard très concret sur le sujet. Demandons-nous non pas QUI a peur de la mort mais QU’EST-CE QUI a peur de la mort ? De quelle mort parler ? Quels sont les processus au moment de la mort ?

Cet article contribue au carnaval d’articles sur le thème « Pour apprendre à bien vivre, apprenez à bien mourir » organisé par Philippe du blog Apprendre sur soi et avancer.

QU’EST-CE QUI a peur de la mort ?

La mort physique et les nombreuses peurs qui peuvent l’accompagner sont des sujets souvent traités. Les auteurs et traditions sont prolixes en la matière. Mais il est un angle très rarement abordé et quasiment inconnu de ceux qui ne se sont pas aventurés au cœur des grandes traditions contemplatives : la nature non-née de l’égo.

QU’EST-CE QUI a peur de la mort ?

Posez-vous cette question et regardez l’écho qu’elle a en vous, en votre corps. Prenez quelques minutes pour cela.

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C’est fait ?

Il y a un lien étroit entre cet article et les processus au moment de la mort physique (dissolution des consciences sensorielles, peurs, émotions…). Se familiariser avec la nature non-née de l’égo est une extraordinaire préparation pour le moment de la mort et la voie royale pour expérimenter notre nature éveillée ici et maintenant.

Je n’ai pas peur de mourir j’ai peur de renaître

Le célèbre anachorète tibétain Milarépa a dit :

Je n’ai pas peur de mourir j’ai peur de renaître. Milarépa

De quelle mort Milarépa voulait-il parler ? De quelle re-naissance voulait-il parler ? Il y a débat, mais il nous est donné d’explorer les pistes qui nous semblent profondes et lumineuses. Les partager est un régal insondable.

Milarépa ne voulait probablement parler ni de la mort physique, ni de re-naissance dans un autre corps dans le sens ordinaire où nous l’entendons. Ce qu’il évoque c’est la mort et la naissance de l’égo d’instant en instant.

Comme l’a énoncé le Bouddha lors de son tout premier enseignement, la cause de la souffrance est une. Toutes les émotions perturbatrices et les peurs sont produites sur la base de la manifestation de l’égo. Il est celui qui génère les émotions perturbatrices et celui qui les endure. L’égo est le bourreau et la victime. Nous sommes pareils à ce gourmet dégustant du miel sur le tranchant d’une lame de rasoir.

Si vous voulez appréhender l’égo, remettez-en à vos tripes… L’égo est quelque chose de viscéral…

L’égo est non-né

ego-arc-en-ciel-web Mais si on le regarde droit dans les yeux, cet égo ne peut être localisé, caractérisé. Bien qu’il se manifeste en polarisant notre expérience au monde et à nous-même, cet égo ne peut être trouvé. Il est donc l’union de l’apparence (son dynamisme) et de sa non-existence, il est illusoire. La reconnaissance DIRECTE de la nature illusoire de l’égo est une forme de « mort » dans le sens où son existence comme entité indépendante est réfutée par l’expérience directe. Mais le mot mort n’est pas le plus approprié. Comment une illusion pourrait–elle être née ? Donc comment pourrait-elle mourir ? C’est pourquoi il est dit que l’égo est non-né. Et si l’égo est non-né alors nous sommes NON.

Peur ou libération ?

Pour les réalisés comme Milarépa, voir l’égo se dissoudre sous la force du feu de Dame Sagesse n’est pas une épreuve mais une libération. L’évanouissement de ce centre qui polarise l’expérience laisse jaillir le plein rayonnement de la nature de l’esprit sans centre ni périphérie. L’expérience directe de la nature illusoire de l’égo affranchit des jeux de l’égo et des émotions perturbatrices qui n’ont plus de terrain sur lequel germer et se déployer.

C’est pourquoi Milarépa dit « Je n’ai pas peur de mourir… »

Au cœur de la contemplation de la nature profonde de son esprit il demeure « sans centre ni périphérie », en l’au-delà de la souffrance. Au cœur de cette « non-existence » de l’égo, qu’est-ce qui pourrait endurer la peur ? La peur est précisément le signe de la présence de l’égo, le signe de notre saisie de l’égo. La peur est à la saisie de l’égo ce que la chaleur est à la présence du feu. Les habiles yogis ont donc une foi inébranlable et savent que le meilleur refuge contre les peurs et les émotions perturbatrices est une forme de no man’s land (terre de personne) intérieur. Ce no man’s land est notre nature profonde toujours présente et accessible derrière le rideau de feu des émotions perturbatrices illusoires. Derrière le ciel nuageux des pensées, le ciel bleu et profond demeure dans un repos indestructible. Ce ciel bleu est une terre ferme dénuée d’émotions perturbatrices, c’est une véritable Terre de Repos ! Vous venez de découvrir l’une des raisons pour lesquelles j’ai nommé ce blog Terres de Repos.

De vie à trépas point de transformation

karmapa3 En 1981, le Karmapa, un grand maître tibétain, est décédé dans un grand hôpital de Chicago d’un cancer généralisé. A l’hôpital il a manifesté une énergie rayonnante, un sourire et une joie déroutants pour le personnel. De nombreux disciples s’inquiétaient de sa santé et étaient tristes de la voir partir. Un grand maître de son entourage déclara :

« Ne vous inquiétez pas, au moment de la mort rien de particulier ne se produira pour lui. »

Cette phrase nous indique que de son vivant le Karmapa était déjà en un au-delà de l’égo tout en étant pleinement enraciné en le monde et en lien profond avec tous ceux qui l’entouraient.

Changez de paradigme !

Toutes les peurs et problématiques liées à la mort naissent avec la conception d’un centre, d’un égo, d’une entité à laquelle on s’identifie. Tant que nous demeurons en ce mode d’être les réflexions au sujet de la mort n’auront pas de fin et la peur de la mort aura un terrain pour se déployer.

Depuis l’état a-centré, un no man’s land, se déploient une foules de qualités telles que la générosité, l’éthique, la patience, l’amour, la compassion, la douceur…

Nul besoin d’être pour être

  Notre esprit n’a pas besoin de générer un « centre observateur » pour laisser rayonner tout ce qui s’y manifeste (images, sons, odeurs, goûts, sensations tactiles, pensées…). Mais il est très difficile de laisser ce centre-observateur se dissoudre comme de la fumée d’encens. Nous avons une telle saisie sur ce centre, que le simple fait d’évoquer sa dissolution peut être anxiogène. Monsieur l’go n’aime pas qu’on le remette en cause, il s’anime à combler le vide cosmique avec une foule de mimiques.

Flirter avec notre nature profonde a-centrée est une aventure qui ne plait pas à monsieur Ego. Lorsque dame sagesse vient démasquer le caractère illusoire de l’égo, ce dernier se rebelle et génère bien des émotions ! Elles sont parfois le signe d’un proche éveil.

Il est indispensable de ne pas s’aventurer dans des méditations subtiles sans être accompagné par un guide qualifié.

J’ai peur de re-naître

J’ai peur de re-naître.        Milarépa

En affirmant cela, Milarépa nous rappelle que la naissance de l’égo est le grain de sable qui vient bloquer le dynamisme naturel de l’esprit éveillé. Puisque l’égo est la cause des émotions perturbatrices et celui qui va les endurer, alors la naissance (de l’égo) est en effet à craindre ! C’est précisément ce que dit Milarépa.

Le challenge de toute une vie !

Le challenge que le Bouddha et les grandes traditions contemplatives nous lancent est la reconnaissance de « notre vrai visage », ce mode d’être à nous-même qui est dénué de centre, a-centré qui rend caduques de nombreuses réflexions sur la mort. Tout un programme libérateur !

Processus au moment de la mort

Au moment de la mort physique, l’énergie vitale baisse et l’esprit voit ses capacités ses résorber peu à peu. Entre la vie ici et maintenant et la mort, un processus graduel de résorption des consciences se manifeste. Tout ce processus peut être vécu en pleine conscience, il est alors libérateur et source d’une profonde béatitude, une Grande Félicité. En revanche si le processus de dissolution des consciences n’est pas familier, l’individu peut endurer de fortes émotions (colère, tristesse, peurs, angoisses…) mais également des sensations corporelles insoutenables (les draps du lit deviennent extrêmement lourds puis brulants…)

Il est possible d’étudier tout cela en détails et d’aborder des méditations qui nous familiarisent avec ces phases du processus du moment de la mort. Les mêmes processus sont en jeu au moment de l’endormissement et lors de méditations profondes.

Pratique de non-mort

Au sommet des pratiques de l’école Shangpa*, se trouve la pratique de non-mort non-errance…

(* :l’école du bouddhisme himalayen au sein de laquelle j’ai fait la retraite traditionnelle de 3 ans et 3 mois)

Voici un excellent livre de chants de réalisation de maîtres de cette école .

Accéder au livre

Deux autres articles sur le sujet

Découvrez comment la mort nous ramène à la gentillesse.

Comment se défendre des obstacles

A la fin du second article j’explique en quoi le non-égo est la meilleure des protections.

Au plaisir d’aller plus loin sur le sujet au fil de vos commentaires.