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Peut-on réellement s’auto-coacher ?

J’ai eu le plaisir de contribuer à un carnaval d’articles proposé par Loic Bonsens, du blog net-coacher.fr, sur le sujet : Atteindre ses objectifs avec l’auto-coaching en partenariat avec le site Développement Personnel.

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Je vous laisse le soin d’aller découvrir la belle série d’articles de ce carnaval. Ici je me consacrerai à une notion qui m’est chère : notre nature profonde comme guide de confiance et le guide « de chair et d’os » sur le chemin.

 

Nos vies ne sont pas sans nous poser question et il est fréquent de vouloir des changements : émotions, projets de vie, problématiques, santé… Les champs où il est possible d’opérer des changements sont très nombreux, nos vies sont de complexes champs holistiques où les facteurs interdépendants collaborent à l’alchimie de nos vies.

Nous sommes rendus à une époque où les coachs, les thérapeutes et même les  blogueurs en croissance personnelle, sont très nombreux, c’est impressionnant ! Mais une question se pose : pouvons-nous être notre propre coach ?

Nous ne pouvons pas être notre propre coach

J’ai envie de répondre de façon abrupte : non !

Si nous pouvions effectivement être notre propre coach, la terre serait peuplée d’êtres en paix et nos civilisations seraient fleurissantes, équilibrées, en parfaite croissance harmonieuses… au profit de tous sans exception. Force est de constater que tel n’est pas le cas. L’être humain semble être une aberration : il est, en principe, l’espèce la plus évoluée intellectuellement, mais il continu à bâtir des systèmes inégalitaires, à mener des guerres, à dispenser les soins de façon partiales, voire à empoisonner les siens psychiquement et physiquement !

L’humanité ne semble pas disposée à se coacher elle-même ! En tout cas elle n’y est pas encore arrivé. Car même les instances ayant pour but de préserver la paix au sein et entre les peuples et les nations ne semblent pas toujours impartiales. Les facteurs d’équilibre sont devenus de plus en plus complexes avec la diversité des cultures et politiques, comme si l’équilibre devait composer avec les uns et les autres, au profit des uns ou des autres, au lieu d’être un équilibre « absolu »…

Petit intermède méditatif :

De notre point de vue, l’espace est équilibre absolu… sans nécessité de composer avec ceci  ou cela.

A l’échelle individuelle, nous sommes dans la même situation que les peuples et nations. Mais dans notre complexe tissu existentiel nous souhaitons parfois opérer des changements, parce qu’ils nous sont dictés par l’environnement, par notre corps ou encore par nos aspirations. Ces changements ne sont que rarement aisés à opérer. Pourquoi ? Parce que nos freins, notre tendance à l’auto-sabotage, notre manque d’objectivité, notre manque de clarté, nos émotions, nos peurs conscientes et inconscientes sont autant d’obstacles qu’il est difficile de dépasser de nous-même.

Mais il est un autre facteur clé capital et malheureusement très très rarement considéré : notre manque de sagesse !

Le Très Vénérable Kalou Rinpoché disait

Un pratiquant spirituel est comme une vache : celle-ci se fouette elle-même de sa queue pour avancer. On ne peut faire avancer un pratiquant spirituel, c’est à lui de se prendre en charge !

Alors oui dans une certaine mesure nous devons nous auto-coacher, mais sur la base de ce que d’habiles guides nous auront conseillé car ils connaissent les pièges sur le chemin et des méthodes habiles pour façonner ce qui doit l’être. Il est de très nombreuses voies efficientes en développement personnel, certaines mènent à un équilibre et à une paix relatifs, d’autres conduisent à des sommets plus ultimes. Quoi qu’il en soit, nous sommes fortunés d’avoir accès à une mines de joyaux. Encore faut-il partir à leur recherche et passer à  l’action.

Si vous souhaitez des changements partez à la recherche des outils, des personnes, des mouvements, des lieux… qui seront propices à l’atteinte de vos buts. Tous les gagnants ont tenté leur chance ! Saisissez-la !

Mais il est rare qu’une personne réussisse de profonds changements par elle-même. Pourquoi chercher à réinventer l’eau chaude ? Nous risquons fort, au mieux, de réinventer l’eau tiède qui refroidira vite ! Car le naturel revient au galop !

Les démarches de croissance personnelle visent à « placer l’individu dans ses baskets » pour lui permettre de vivre une vie équilibrée voire inspirante. Pardonnez-moi les raccourcis forcément caricaturaux.

La spiritualité vise quant à elle à conduire l‘individu non pas à savoir QU’il est mais CE qu’il est. Une fois la réponse trouvée, libre à lui de vivre une vie en adéquation avec ses aspirations. C’est en trouvant CE qu’il est que l’homme peut passer sur la rive de l’au-delà de la souffrance. Sans savoir CE qu’il est, il se perd à la conquête de chimères qui n’ont pas de fin.

Savez-vous CE que vous êtes ?

Réaliser CE que nous sommes est précisément affaire de SAGESSE. Etre gentil, généreux, poli etc… c’est être sage, bien élevé… mais cela ne relève pas de la SAGESSE. En spiritualité le terme SAGESSE désigne la connaissance de CE que nous sommes, de CE qu’est le monde. Et CE que nous sommes ne varie pas d’un individu  l’autre, CE que nous sommes est universel :

– nous sommes une conscience habitant un corps physique

– le monde « extérieur » a sa réalité, ses lois… mais ce que nous en percevons n’est que ce que nos consciences sensorielles génèrent. TOUT est le rayonnement de nos consciences, le rayonnement de notre esprit… et est le monde, l’univers.

Réaliser cela revient à demander à notre intellect de faire le grand écart entre deux chaises : entre la réalité relative du quotidien et la réalité ultime (la nature de CE que nous sommes). Mais ce grand écart n’est possible qu’à partir du moment où les deux chaises sont en place, c’est à dire quand nous connaissons la réalité relative ET la réalité ultime. Et c’est là l’obstacle majeur, car, à moins de rencontrer quelques « circonstances favorables », l’expérience de notre nature ultime est difficile d’accès et demande un long travail préparatoire.

Boostez votre adaptabilité

Expérimenter notre nature profonde, notre vrai visage… nous fait changer de paradigme : nous n’avons plus à nous soucier de comment régler tel ou tel problème pour pacifier nos émotions, comment bâtir tel projet pour vivre heureux etc… Non, à partir du moment où nous expérimenterons notre nature profonde, notre vrai visage… la paix, le contentement, le lâcher prise, la créativité et mille et un autres fruits seront spontanément présents. (voir la liste de 86 bienfaits de la méditation)

Spontanément nous passerons d’un mode égocentré aux mille problématiques à un mode contemplatif de notre nature profonde paisible ancré en l’instant et adapté aux situations que nous avons à honorer.

En cet état de reconnaissance de notre nature profonde, nous sommes hyper adaptables, les réponses, les solutions, les actes, les paroles deviennent adaptés et efficients… comme par magie. On peut ainsi dire que notre meilleur coach est donc notre bouddha intérieur, notre nature profonde, le lâcher prise car il conduit à cet été de reconnaissance. Notre mission la plus précieuse consiste donc à partir à sa recherche.

Les voies spirituelles authentiques sont nombreuses, mais toutes mènent à la reconnaissance de notre nature profonde. Chaque tradition l’appelle et la décrit de façon spécifique, mais elle n’est qu’une. Comment la nature profonde de l’être humain pourrait être multiple ? Malgré la diversité des films, les toiles de cinéma ont-elles une nature multiple ? Non, elles sont toutes blanches.

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Votre maître: votre nature profonde

Il en va de même pour notre esprit : nous sommes un réceptacle vierge, vaste et profond au sein du quel tout sa manifeste : le monde, nos perceptions sensorielles (sons, odeurs, goûts, sensations tactiles), nos conditionnements et nos pensées sont le rayonnement dans cet espace qu’est l’esprit. Ainsi l’esprit est l’espace et ses rayonnements qui sont TOUT, absolument et radicalement TOUT. Tout est la sphère unique de notre esprit.

Ces notions sont ardues à appréhender, mais il est dit qu’elles sont aussi trop simples pour notre intellect qui ne peut les cerner ! Notre intellect a cette fâcheuse habitude de tout séparer, diviser, classer, opposer… Si bien qu’il ne peut concevoir que TOUT n’est que le rayonnement de l’esprit, nous « sommes-non 2 » avec les sensations, les perceptions, le monde…

Pouvons-nous être notre propre guide ?

Pensez-vous qu’il soit possible de décrire l’océan sans l’avoir vu ? Notre description ne serait que partielle et ne s’appuierait que sur le récit de tierces personnes, de livres, de photos, de peintures ou de films. Notre expérience ne serait pas celle de l’océan directement mais celles de ce que les autres nous ont rapportées. Même via un écran géant, nous ne pouvons faire l’expérience de l’océan. Seule le rêve et la visualisation peut s’en rapprocher.

C’est pourquoi sur le chemin spirituel, pour décrire « l’ultime », le sacré, notre nature profonde, il est préférable de s’en remettre à des personnes ayant eu des expériences significatives. Toute tentative intellectuelle de notre part est vouée à l’échec. Les expériences des personnes initiées ont éclairé leur entendement et dissout de nombreuses incompréhensions de notions subtiles impossibles à appréhender via l’intellect. Quand j’emploie le terme « initiés », je ne désigne pas les personnes qui se rendent auprès de maître pour en recevoir les bénédictions, les initiations. Le désigne les personnes qui font réellement l’expérience de leur nature profonde au coeur de du rite initiatique. Il y a un monde entre participer à une initiation et la recevoir effectivement.Vous pouvez vous faire bénir un milliard de fois et ne rien réaliser si vous vous n’êtes pas encore « prêt ».

Les guides ayant eu de profondes expériences peuvent décoder vos façons de vous relier ou non à votre nature profonde. Votre discours et vos questions étant de précieux indicateurs qui leur permettent de vous connaitre plus que vous vous connaissez vous-même. N’ayant pas parcouru le chemin nous-même, comment pouvons-nous nous guider vers la destination ? comment pouvons-nous identifier les pièges ? Les impasses ?

 

Je vous soumets un exercice méditatif :

Quelle est la frontière entre votre espace intérieur et l’espace extérieur ?

Méditez cela encore et encore… tous les jours… et revenez à nous dans les commentaires.

Votre bouddha intérieur

Vous aurez compris qu’ici je ne vous expose pas une longue liste d’outils et méthodes de croissance personnelle, mais je vous invite à tenter un rapprochement avec « votre bouddha intérieur », ce regard cherchant à voir CE que vous êtes. Mais votre bouddha intérieur sera l’expérience elle-même de CE que vous êtes.

QUI vous êtes vous le savez déjà par coeur. découvrir CE que vous êtes est un tout autre challenge !

Allez je vous donne un petit indice… notre esprit est comme une chaussette enfiler dans la chaussure qu’est notre corps…

Plongez en vos sensations, vos pensées… qui sont cette « chaussette »…

Mais attention, il se pourrait que la frontière entre chaussette et chaussure s’abolisse… si vous demeurez dans « l’état naturel » de l’esprit nu ! C’est-à-dire « expurgé de cet artifice « moi ».

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Essorez l’espace pour reconnaître la nature de votre égo…

Si cet article vous interpelle, sème le doute, ou fait s’élever des questions voire la désapprobation, c’est le signe que le dialogue et la pratique sont nécessaires.

Puissent nos vies être ornées d’inspirations, de rêves, de mises en action et de réussites partagées.