Pourquoi s’aimer et bonheur des autres

Méditons sur les phrases du Dalaï Lama

De la terre à l’espace…

Pour savoir comment aimer les autres, il faut d’abord savoir ce que signifie s’aimer soi-même. L’altruisme, ce n’est pas simplement s’oublier. C’est surtout refréner les sentiments égoïstes qui nous poussent à exploiter autrui ou à lui faire du tort.

En général, il est tout à fait négatif de manquer d’estime pour soi ou de se détester. Une telle disposition est fort regrettable et ne peut mener à rien de positif.

Le Dalaï Lama

 

Cet article fait partie d’une série de commentaires de phrases du Dalaï Lama. Les citations proviennent du recueil « 365 pensées et méditations du Dalaï Lama » par Bernard Badouin – Editions 365.

Cet article comporte trois parties:

– une partie où vous devez méditer à votre façon

– une partie de réflexion à partir de mon commentaire de la citation

– une partie de « méditation guidée »

Allons-y!

Pour savoir comment aimer les autres, il faut d’abord savoir ce que signifie s’aimer soi-même. L’altruisme, ce n’est pas simplement s’oublier. C’est surtout refréner les sentiments égoïstes qui nous poussent à exploiter autrui ou à lui faire du tort.

En général, il est tout à fait négatif de manquer d’estime pour soi ou de se détester. Une telle disposition est fort regrettable et ne peut mener à rien de positif.

Le Dalaï Lama

Méditation personnelle

Méditez sur cette citation d’une façon personnelle, sans vous soucier de la suite de l’article. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise méditation. Laissez-vous porter par la citation elle-même… Prenez quelques minutes pour cela.

Maintenant!

C’est fait ?…

 

COMMENTAIRE de la citation du Dalaï Lama

Voici désormais mon commentaire avant de passer à la méditation. Si vous ne voulez pas étudier, passez directement à la MEDITATION plus bas. (Titre en rouge en milieu de page)

Traditionnellement, la réflexion est importante pour donner du sens, de la profondeur à la méditation. Ce commentaire a pour principal but de parcourir rapidement quelques réflexions fondamentales et d’ouvrir la réflexion et la méditation sur d’autres horizons plus « originaux » mais essentiels. Ne vous attendez pas à lire des choses extraordinaires, exotiques, mystiques… Prenez ce qui suit comme de simples évidences en lesquelles il est bon et fructueux de s’immerger encore et encore. C’est une façon de cultiver la vertu, et la vertu a mille et un fruits que nous aborderons dans d’autres articles. La lecture est ainsi source de grands bienfaits. Je ne me lasse jamais de relire les enseignements fondamentaux, notre niveau de lecture évolue sans cesse. Et peut-on un jour ne plus aimer l’eau d’une source fraîche… et pourtant si simple ?

Si ce qui suit ne vous semble pas être une succession d’évidences, je vous invite à réfléchir et méditer régulièrement sur le sujet. Et n’hésitez pas à me poser des questions. Le dialogue permet d’éclaircir les formulations et de faire murir nos réflexions.

Munissez-vous d’une feuille et d’un stylo pour écrire les questions qui vous viendraient à l’esprit. Les écrire vous permettra de libérer votre esprit et de continuer votre lecture. Puis vous pourrez me poser vos questions dans le fil des commentaires.

Tous les êtres aspirent au bonheur

Pour savoir comment aimer les autres, il faut d’abord savoir ce que signifie s’aimer soi-même.

Le Dalaï Lama

Tous les êtres aspirent et ont droit au bonheur. Dans la tradition du Bouddha, le verbe Aimer signifie « vouloir qu’autrui soit heureux ». Il serait intéressant de voir combien le verbe aimer prend d’autres sens, surtout lorsqu’il s’agit de parler du rapport amoureux… où il est, en général, plutôt employé comme synonyme de désir-attachement. Nous aborderons ce thème ultérieurement.

Tous les êtres aspirent et ont droit au bonheur. Que nous soyons bienheureux ou en souffrance, notre situation nous éclaire sur ce qu’est le bonheur :

– si nous sommes bienheureux, nous savons que cet état est précieux et souhaitons le préserver

– si nous ne sommes pas heureux, nous aspirons au bonheur

Quelque soit notre « état d’existence », nous sommes pourvus de cette capacité à ressentir ou évoquer le concept de bonheur. C’est là une capacité qui caractérise l’esprit humain mais aussi, sans doute, l’esprit de nombreux êtres sensibles comme les animaux… Réfléchir à notre propre soif de bonheur peut nous donner un fort sentiment d’empathie à l’égard d’autrui : tous les êtres recherchent le bonheur.

Pour aller plus loin voir les 4 pensées incommensurables.

Une amie a interrogé Kenpo Tsultrim rinpoché, un grand maître et accompli tibétain. Elle lui a demandé quel était le sens de la vie. Il a marqué un très très bref temps d’arrêt et a répondu :

« Le sens de la vie ?…. Etre heureux et contribuer au bonheur d’autrui. »

Kenpo Tsultrim Rinpoché

Réfléchir et nous recueillir en notre propre soif de bonheur, en notre bonté fondamentale, nous relie à ce sens profond de la vie. Nous pourrions discourir longuement sur le sens du mot bonheur. Nous nous limiterons ici à en donner « le goût » lors de la méditation. D’autres articles de fond plus conséquents aborderont le bonheur, ce qui le caractérise, ce qui nous y mène et ce qui nous en sépare.

De l’espace à l’égo

L’altruisme, ce n’est pas simplement s’oublier. C’est surtout refréner les sentiments égoïstes qui nous poussent à exploiter autrui ou à lui faire du tort.

Le Dalaï Lama

Cultiver notre propre bonheur c’est non pas s’oublier mais s’enrichir d’une douce vaillance. Cette douce vaillance est un antidote contre les jeux de notre égo, ce malin d’où naissent les émotions perturbatrices, les soifs inassouvies, les peurs… Il est le siège et la cause de notre insatisfaction. Dans notre quête du bonheur, l’égo est en général le capitaine du navire : d’une façon grossière et évidente ou subtile et sournoise. Cet égo nous pousse alors à attendre de l’autre qu’il soit ainsi ou ainsi; il nous pousse à faire du mal à autrui, à l’exploiter… Tant que nous ne sommes pas nous-mêmes pleinement en « le grand contentement inconditionnel », autrui sera le bouc émissaire, une béquille, comme un pansement. En revanche lorsque nous serons nous-mêmes en « le grand contentement inconditionnel », l’autre peut prendre tous les visages possibles, jamais il ne sera source d’émotions perturbatrices !

Cet état semble bien loin n’est-ce pas ? Et pourtant il est déjà là entre chaque moment où notre égo se manifeste et « se résorbe ». Nous pouvons accéder à cet état lorsque notre esprit se « dilate », lorsque l’emprise de l’égo se desserre. L’altruisme est précisément un moyen puissant pour dilater notre esprit, dilater notre cœur.

Dans un premier temps, dans chaque situation de la vie, nous pouvons développer la « vigilance intérieure » et essayer de mesurer la « force de l’égo ». Nous aborderons ce point dans la partie méditation.

L’estime de soi

En général, il est tout à fait négatif de manquer d’estime pour soi ou de se détester. Une telle disposition est fort regrettable et ne peut mener à rien de positif.

 

Le Dalaï Lama

Manquer d’estime pour soi c’est s’attarder sur d’éventuels défauts et ne pas avoir conscience de nos qualités et de nos potentiels. Notre nature profonde, notre vrai visage, est la bonté primordiale, notre nature de bouddha. Ce trésor est en nous depuis toute éternité et ne peut être souillé ! Quelques soient nos émotions perturbatrices, quelques soient nos actes, paroles et pensées négatives, cette nature profonde reste intacte. Elle est comme l’eau qui naturellement est pure, parfaite, limpide. Les impuretés qui souillent l’eau n’est pas l’eau, l’eau peut être séparée des impuretés. En revanche le charbon ne peut être blanchi, par nature il est noir. Notre esprit est comparable à l’eau et nos émotions négatives sont semblables aux impuretés passagères dans l’eau. Nos émotions perturbatrices peuvent prendre le dessus et nous placer en un manque d’estime de soi. Chasser les émotions perturbatrices, la déprime, le doute, les peurs… laisse jaillir le soleil radieux de notre bonté fondamentale. Ce soleil est accessible et déjà présent en nous. Il est donc insensé de manquer d’estime de soi ou de se détester : si nous nous employons à dissiper ce qui voile cette nature profonde, d’innombrables qualités et savoirs-être se manifesteront d’eux-mêmes, ils nous sont donnés par notre nature profonde. Qu’on le veuille ou non tel est notre vrai visage. Cela constitue notre « patrimoine génétique spirituel». Ce qui nous en sépare n’est que passager, et il est possible de le dissiper. Les émotions perturbatrices ne sont ni plus ni moins que des nuages passagers en l’espace de notre esprit, le ciel bleu de notre nature profonde demeure pur, stable, profond et empli de bonté.

Fierté divine

La voix tibétaine met l’accent sur cette nature profonde parfaite. S’il est des pratiques où l’on prend conscience de nos émotions, de nos actes négatifs… il en est beaucoup d’autres où ce sont nos qualités potentielles qui sont exploitées, elles sont le carburant sur le chemin. Notre nature profonde étant indifférenciée de la bonté primordiale, il n’est plus temps de nous apitoyer sur nos défauts : une douce vaillance enrichie d’une humble fierté s’impose ! Telle est l’une des propositions des tantras, cette voie d’audace qui, d’emblée, nous plonge en ce qui caractérise notre nature profonde éveillée : la fierté « divine ». Nous reviendrons souvent sur cette notion. La méditation permet d’en découvrir le gout.

Les 52 facteurs mentaux

Pour poursuivre l’étude, vous pouvez parcourir cette page sur les 52 facteurs mentaux. Les facteurs mentaux sont classés en trois catégories (neutres, vertueux, passions). Cette classification permet d’identifier les passions, ces facteurs mentaux qui naissent des mécanismes de l’égo et/ou nous y enchaînent. Elle permet aussi d’identifier ceux qui jaillissent en l’absence de l’emprise de l’égo, et ceux qui contribuent  à desserrer l’emprise de l’égo et de l’ignorance fondamentale.

Vous avez noté des questions à me poser?  La méditation va peut être en faire germer d’autres… Vous me les poserez après la méditation.

MEDITATION

La partie méditation de cet article comporte 6 parties :

Toucher notre bonté primordiale

Les 4 pensées incommensurables

Qu’est-ce qui ressent le bonheur ?

La force de l’égo 

Peut-on trouver une pensée ?

Les canaux

Fierté divine

Aujourd’hui nous abordons les deux premières parties. Les temps de méditation seront indiqués par trois petits points à la ligne comme ceci :

Toucher notre bonté primordiale

Cliquer pour agrandir l’image


Installez-vous confortablement pour méditer. C’est un précieux moment pour prendre soin de vous. Laissons donc loin derrière vous l’envie de BIEN méditer, de bien pratiquer, d’être parfait… Posez-vous simplement confortablement et RESPIREZ !

Laissez-vous du temps pour toucher cette personne en vous qui a besoin de prendre soin d’elle… Offrez-vous ces quelques minutes pour vous poser, pour vous « relier » à cette personne… puis revenez à la lecture… Touchez cette personne en vous qui a besoin de prendre soin d’elle.

C’est fait ?

Que vos soyez bienheureux, fatigué, stressé, malade, paisible… quelque soit votre état du moment réside en vous un cœur tendre et sensible… Touchez ce cœur vif, présent et bon.

Qu’il soit au cœur du chao ou paisible, ce cœur est plein de bonté, il aspire et a droit au bonheur.

Qu’il soit écorché vif ou en plénitude, ce cœur authentique est parfait tel qu’il est. Vous en êtes doté, il est un joyau.

Tous les êtres ont ce cœur tendre et aspirent au bonheur. Pas un être n’échappe à cela. Paix et bonheur pour tous !

Dans l’axe du corps au niveau du cœur, vous pouvez imaginer une sphère lumineuse blanche insubtancielle de la taille d’un œuf de pigeon.

Cette sphère vous inonde, vous irradie d’une lumière blanche qui apaise vos tensions, émotions, douleurs, problématiques… Ce rayonnement pénètre chaque partie de votre corps, chaque molécule, chaque pore de la peau. Vous êtes empli de cette luminosité blanche.

Puis ce rayonnement jaillit à l’extérieur et irradie tous les êtres de la même façon. Ceci les pacifie, les rend bienheureux et leur donne de la vitalité.

Puis pour conclure, vous réduisez progressivement la taille de la sphère lumineuse blanche dans votre cœur. Au final elle disparait, vous restez tel que… en état d’équanimité un petit moment.

La méditation est terminée pour ce point.

Les 4 pensées incommensurables

Aujourd’hui abordons brièvement par la méditation « les 4 pensées incommensurables ».

1) Puissent tous les êtres demeurer en le bonheur et posséder les causes du bonheur.

Méditez ainsi.

2) Puissent tous les êtres être séparés de la souffrance et des causes de la souffrance.

Méditez ainsi.

3) Puissent tous les êtres demeurer en la joie dépourvue de souffrance

Méditez ainsi.

4) Puissent tous les êtres demeurer en la grande équanimité libre de partialité, d’attachement et d’aversion

Méditez ainsi.

Fin de la méditation

Toutes les situations de la vie quotidienne nous permettent de méditer ces quatre pensées aux bienfaits incommensurables. En cultivant notre vigilance, nous pouvons être présent aux personnes qui nous entourent, nous pouvons prendre conscience de leurs états d’esprit. Elles peuvent toutes être « classées » en ces quatre catégories : personnes en souffrance, personnes bienheureuses, personnes joyeuses, personnes équanimes. Par exemple une personne agacée sera « classée » en la catégorie des personnes en souffrance etc… En nous appliquant à classer toutes les personnes que  nous rencontrons, que nos côtoyons, nous allons développer deux forces très importantes : la force de la vigilance et la force du rappel qui consiste à ne pas oublier l’exercice. Ces deux forces sont très précieuses et seront fort utiles en méditation.

Prochaines méditations liées à cette citation du Dalaï Lama :

Qu’est-ce qui ressent le bonheur ?

La force de l’égo

Peut-on trouver une pensée ? (vagues nuages)

4 canaux

Fierté divine

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Vos questions et remarques sont les bienvenues.

2 comments

  • Michèle (5 années)

    J’ai souvent joué intérieurement à « si j’étais un animal, lequel serais-je ? ». Sûrement pas un hasard de n’avoir jamais pensé au lapin bélier, et pourtant… Combien d’années ai-je passé à réagir sous la peur, la peur d’avoir peur, la honte d’avoir peur, la honte ? J’ai heureusement eu la chance de rencontrer le Yoga il y a plus d’une dizaine d’années qui m’a complètement métamorphosée, par son alchimie en retournant toute cette énergie négative en début d’ouverture à moi et aux autres. Mais me suis-je déjà vraiment penchée sur ce petit cœur palpitant de fragilité, ne faut-il pas déjà une grande force pour l’accueillir et l’accepter, avec l’intime conviction que le reste n’est que manifestation de l’ego transmetteur d’une énergie subtile détournée de son but initial ? J’ai encore beaucoup de mal à parler de bonté… Oui, « Douce vaillance, et humble fierté » à cultiver, nous dîtes-vous ! C’est très curieux, cette répartition très inégale en personnes en souffrance, nous sommes légions, personnes équanimes qui me semblent l’exception, et les deux autres catégories bienheureuses et joyeuses qui semblent très proches, à moins de considérer la différence essentielle de la conscience de la joie quelles que soient les conditions (donc rarissime aussi), du bonheur d’apprécier des conditions de vie agréables, ce qui est déjà très estimable !

  • […] Estime de soi et bonheur des autres […]

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