Méditer avec les bouddhas 1/2

Etude, réflexion et méditation

L’étude et la réflexion sont à notre éveil ce que les fondations d’une maison sont à sa solidité. Vouloir nous lancer dans la pratique sans une base théorique et une réflexion solides revient à bâtir une maison sur un sol de glace: quand viendra la saison chaude la maison s’écroulera.

Dans la rubrique Méditer avec les Bouddhas , je me propose d’aborder peu à peu l’étude, la réflexion et la méditation.

Pratiquant bouddhiste depuis 1992, j’ai pu mesurer combien ces trois piliers sont indispensables et complémentaires.

– Dans ce premier article j’aborderai rapidement les deux premiers piliers: l’étude et la réflexion. Nous reviendrons plus en détail sur ces points régulièrement dans le futur.

– Dans un deuxième article j’aborderai l’importance de la méditation.

– Ensuite je donnerai quelques outils et exercices concrets de méditation.

L’étude : le pourquoi du comment

L’étude permet d’avoir une idée claire des tenants et aboutissants d’une voie spirituelle, elle permet aussi d’en discerner les fondements, les spécificités, les buts, les fruits, les étapes, les outils… L’étude nous donne une vision claire des jalons de la voie spirituelle. Elle permet d’en voir la cohérence et d’en comprendre les mécanismes. C’est ce que j’ai tout de suite aimé dans le bouddhisme : on nous explique le pourquoi du comment. L’étude permet de remettre un peu d’ordre dans de très nombreuses idées préconçues sur le bouddhisme, l’état de bouddha etc… De nos jours, le bouddhisme est surtout apprécié pour son aspect culturel tibétain. L’étude permet de passer au-delà des considérations culturelles, formelles voire religieuse. Elle nous permet de discerner la part essentielle, la part profonde, de la part culturelle des outils et moyens habiles proposés sur la voie spirituelle. L’étude nous permet aussi de voir combien ces symboles sont pertinents et, donc, universels puisqu’ils désignent ce qui est au-delà de la forme du symbole : que l’on représente l’amour par un cœur, une colombe ou un lapin blanc, le sentiment est UN. L’essentiel est donc d’être introduit au sens du symbole. Dans la phase d’étude l’introduction au symbole est intellectuelle. A elle seule l’étude permet de développer la force de la présence. En nous exerçant régulièrement à l’étude, nous développons la capacité à nous focaliser, à nous mettre à l’écouter. Il est dit que pour lire (« entendre » ce qui est écrit), nous devons être « toute écoute ». Cet acte de mise à l’écoute à le pouvoir de reposer notre mental d’ordinaire balloté au gré des pensées et émotions conflictuelles. La lecture, l’écoute et l’étude des enseignements sont des activités aux nombreux bienfaits.

La réflexion

Faute d’investissement personnel conséquent et durable, le cheminement spirituel n’aura guère de fruits. L’oisiveté, le manque d’enthousiasme en la pratique, les « baisses de régime » … sont le lot de tout pratiquant. Il en a été ainsi pour tous les  maîtres. Les récits des vies des maîtres passés ou contemporains font état de cela. Mais un élément peut faire la différence: la réflexion !

Elle permet à notre entendement de dépasser les obstacles et de trouver les ressources nécessaires pour ne pas tomber en la paresse, le découragement ou l’impatience…

Valider par notre expérience personnelle

Le Bouddha demandait sans cesse à ses disciples de confronter leurs pensées quotidiennes à ses enseignements. Les enseignements, bien qu’ayant souvent une apparence culturelle, ne font que décrire nos modes de fonctionnement habituels humains. En enseignant sur le samsara et sur le nirvana, le Bouddha n’a fait que décrire les deux faces d’une même pièce : le fonctionnement de notre propre esprit. Notre quotidien est parfait tel qu’il est ! Il nous offre sans cesse de nombreuses occasions de réfléchir aux enseignements lors d’évènements quotidiens. Notre vie entière peut devenir le moyen de vérifier la véracité des enseignements du Bouddha. TELLE QU’ELLE EST, elle nous offre tout ce qui est nécessaire à notre réalisation.

Dans la phase de réflexion l’intellect tend vers une intime conviction quand au sens du symbole.

Plus tard, quand la méditation aura porté ses fruits, le sens du symbole sera vécu, goûté, senti, humé par l’expérience directe. Le pratiquant contemplera alors la lune au lieu de regarder le doigt qui désigne la lune… avec une grande douceur il sera désormais capable de prendre dans ses bras ce collègue agressif qu’il aurait jadis lui-même voulu assommer.

Au fil des articles à venir nous pourrons constater cela… Je compte sur votre participation pour alimenter notre réservoir d’anecdotes et ainsi nous permettre de réfléchir aux enseignements en partant de situations concrètes. Dans un premier temps nous focaliserons notre attention sur un « détail » :

Au cœur  de mes émotions, QU’est ce qui souffre ?

Voir le troisième des 3 piliers:

la méditation

Vos commentaires m’intéressent pour vous écrire la suite…

 

10 comments

  • Poffé Chantal (2 mois)

    bonsoir arnaud guetcheu tu as raison la méditation et les écrit plus la réflexion sont des bon moyen pour arriver à y voir plus clair a comprendre se que les maître ont enseignés depuis si longtemps pour la question qui est qui souffre s’es nous plus tu vas être méchant tu crois que la personne sur qui tu as jetés ton dévolu souffre mais à l’intérieur de toi tu souffre aussi bisous Chantal P

  • Michèle (5 années)

    Merci très sincèrement Arnaud pour votre réponse si bienveillante, la douceur à laquelle vous nous invitez me réconforte et m’apporte un très grand soulagement. En plus de vos encouragements à la non-peur, je perçois dans la voie que vous nous proposez une notion que je pressens comme fondamentale : celle de la beauté et de la bonté des choses ordinaires, me demandant même si leur carence ne serait pas la cause d’un manque d’énergie récurrent.
    A votre question « qu’est-ce qui souffre en moi », et après quelque temps de maturation, j’ai presque envie de crier : l’ego ! Oui… et mais, et puis quoi ? Vous nous avez pourtant mis sur la piste lors de la méditation à Maule : quelle forme, quelle couleur, quel poids ? L’amnésie s’installe bien vite ! Et pourtant il est bien sûr que pour avancer il faut aller voir sous le tapis pour balayer les préjugés, les préconçus, les habitudes et autres conditionnements ! J’aurais eu l’occasion de régler bien plus rapidement un problème cette semaine si je n’avais pas oublié vos sages conseils… Ma pensée aurait été moins obscurcie par des émotions contradictoires, voire des ruminations, teintées de violence tous azimuts. Heureusement, je suis venue sur votre blog, j’ai re-lu La Question qui a mis le doigt sur le point sensible, le problème s’est dégonflé comme une baudruche, et une solution simple et tranquille est apparue. Un énorme Merci pour nous donner la chance de vivre de telles expériences… (même) par Internet !

    • Arnaud Guétcheu (5 années)

      Oui oui… il est important de revenir sans cesse aux « instructions de méditation qui libèrent »… Et en effet même internet peut être un précieux média, l’essentiel est dans l’utilisation que l’on en fait. Osons donc en faire un bel outil de partage, de dialogue et de générosité. Le plaisir est donc pour moi… et pour vous…

  • […] Méditer avec les bouddhas […]

  • Michele BARON (5 années)

    Bonjour Arnaud et les bloggueurs !
    Je découvre le monde inconnu du partage de l’information par ce système que j’avais refusé jusqu’à présent pour cause de manque d’intimité, et surtout parce que je n‘envoyais pas la raison ! Le partage de nos réflexions devrait effectivement pouvoir nous amener les uns et les autres à comprendre que nous sommes loin d’être seuls à nous poser ces questions, à nous ouvrir à de nouvelles pistes de recherche, et ainsi peut-être à avancer un peu plus vite sur le chemin du sens de notre raison d’être sur Terre !
    Je vois que les informations circulent très vite sur le site, et que vous avez lancé une nouvelle question : « qu’est-ce qui souffre ? ». En y répondant maintenant, je mettrais un commentaire hâtif, sans réflexion, mais je vais y travailler, et je sens déjà tout le bonheur à venir que de travailler sur un tel thème, sans tergiversation, ni complaisance. Un grand Merci pour la chance que vous nous offrez de travailler sur cette question peut-être au cœur du problème de chacun ?
    J’en étais restée aux 4 thèmes que vous attendiez de notre part, et souhaitais laisser mon ressenti suite à votre passage à Maule . J’ai lu avec beaucoup d’intérêt le livre dont vous nous avez parlé à la séance de méditation : Shambhalah : la voie sacrée du guerrier, une notion assez déconcertante impliquant autant la détermination que la douceur, l’ouverture du cœur sur un cheval de rodéo en quelque sorte ! et puis une autre notion toute nouvelle de ma responsabilité en cette période agitée : inutile de me laisser emporter dans de grandes envolées (notamment politiques comprenant peurs, colères et autres émotions finalement toutes déstabilisantes), essayer déjà de faire en sorte que les moments les plus ordinaires de ma journée soit plus ordonnés, plus clairs, plus tranquilles, plus présents, bref plus en harmonie, pour « faire passer le message » d’une autre vision du monde. J’ai aussi été très interpelée par cette notion Ciel-Homme-Terre qui semble se retrouver dans toutes nos actions. Les derniers symboles du tigre, du lion, du garuda et du dragon aussi vont me donner beaucoup à méditer, la confiance, la joie sont des valeurs fortes à travailler sérieusement, le sens du démesuré n’étant pas à ma portée, pas plus que la notion d’insondabilité.
    A très bientôt j’espère le plaisir de se retrouver tous ensemble (et d’autres encore) à Maule !

    • Arnaud (5 années)

      Bonjour Michèle,
      Je vous remercie pour cet écho visiblement vécu…
      La voie de Shambhala invite en effet à une forme de détermination, de non-peur indispensable pour regarder droits dans les yeux notre chaos tout en douceur. Etudier et mettre en pratique cette belle voie ne se fait pas en deux coups de cuillère à pot, mais c’est une aventure extraordinaire qui nous est donnée : être en harmonie avec notre confusions, nos qualités et notre potentiel de bouddha.
      Votre réflexion sur les « grandes envolées » est très pertinente. Et en effet, l’essentiel, si nous voulons tendre vers une élévation et une paix inconditionnelle, est d’honorer la beauté des choses ordinaires par une présence lucide. Alors peut s’élever la douce fragrance de la douceur qui cohabite depuis toujours avec notre chaos et notre bonté primordiale.
      Pour parler actualité : leurs messages passeraient sans doute bien mieux s’ils incarnaient eux-mêmes de puissantes forces tranquilles bien au-delà des conflits mais sincèrement orientées vers l’intérêt commun : la construction d’une société, d’un monde, d’une ère de paix et source de bien des progrès. Tous, sans exception auraient à y gagner, les plus pauvres comme les plus riches… La paix et le bonheur des uns n’est pas incompatible avec le succès des autres… il y a de la place pour tous en les Terres de Repos…

      Quand aux animaux évoqués dans le livre, n’oublions pas que ce livre donne les grandes étapes du chemin spirituel. L’émergence de ces 4 animaux en l’esprit du guerrier sont des étapes déjà bien avancées ! Mais, heureusement, il est possible d’en découvrir le goût bien plus tôt par des formes d’initiations multiples : côtoyer des personnes qui les incarnent en est une qui nous permet d’expérimenter un « échantillon » de ces quatre animaux. A partir de là nous savons où le chemin spirituel peut nous conduire. Ces « initiations » sont autant de portes d’accès en le mandala de la Bonté Primordiale : notre propre nature de bouddha.

      Au plaisir d’échanger.

  • catherine M (5 années)

    Bonjour Arnaud
    Dans la phase de réflexion l’intellect tend vers une intime conviction quand au sens du symbole…………..et bien ça me rassure !
    en réponse aux émoticones , LOL ……. l’égo !
    Sans rapport , « choisi Pégase » ça vous dit quelque chose ?
    Très jolie photo de toute la diversité des voies , bonne retraite a vous tous

    • Arnaud (5 années)

      Bonjour Catherine,
      choisi Pégase ça ne me dit rien et Google donne quelques pistes … merci de m’en dire un peu plus… Voir de laisser un lien vers une page internet.
      Quand à l’instruction du mois: Au cœur de mes émotions, QU’est ce qui souffre ? Il s’agit d’en prendre conscience et de se POSER sur la sensation (viscérale, concrète) qu’est l’Ego. L’égo cela peut être très abstrait, des sensations le sont moins. Une fois centré, posé, sur ces sensations nous méditerons de façon analytique… La première phase consiste déjà à développer la capacité à « toucher » cette entité, cette racine, qui endure… C’est connaître la racine du samsara. Voilà pour un bref écho à votre commentaire.

  • Arnaud (5 années)

    Au plaisir de vous revoir.

  • tamby (5 années)

    Bonjour Lama,

    Je suis ravie d’aller sur votre blog. Je vous ai rencontré à Maule lors de la semaine Tibétaine mais j’ai été informée trop tard hélas que vous étiez
    revenu au centre ATMA pour nous faire profiter de votre enseignement.

    J’espère que vous y reviendrez en attendant il reste les lectures que vous
    nous conseillées.

    A TRES BIENTOT J’ESPERE A MAULE AU CENTRE ATMA.
    Annie

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