Souhaitez-vous connaitre la stratégie des yogis himalayens pour méditer non-stop?

Faites-vous partie de l’immense partie des personnes qui pensent ne pas avoir le temps de méditer? Ou à trouver que méditer « sans rien faire » est ennuyeux voire inutile?

Pensez-vous que les méditations les plus profondes soient complexes? Ou que la méditation c’est trop compliqué pour vous?

Nous allons voir ici pourquoi vous n’êtes pas en cause, ni votre emploi du temps. C’est l’approche qui est à revoir.

Avez-vous une dizaine de minutes à consacrer à cet article « stratégique »?

Vous allez découvrir LA clé pour faire du quotidien dans son ensemble un terrain de méditation non-stop! Cette clé structure les enseignements fondamentaux tot comme les enseignements les plus avancés. Cette clé est précieuse au début, au milieu et à la fin.

Efficacité et long terme

Si vous affirmez manquer de temps pour méditer, c’est juste le signe que votre pratique n’est pas connectée à votre quotidien et que vous manquez de vision et de méthode sur le long terme.

Au début de leur cheminement, de nombreuses personnes que j’accompagne jugent que leurs anciennes méditations ne leur apportaient pas grand chose, qu’elles étaient inefficaces… Ces remarques indiquent que la méditation est alors considérée comme un outil devant produire ses effets sur la champ. A l’heure du « tout en un clic sur internet et dans les supermarchés », nous devons admettre que nous avons perdu le goût de l’investissement sur le long terme. Alors que notre cerveau a besoin du long terme pour que ses connexions neuronales évoluent, se façonnent. En ce moment on parle beaucoup du temps long en politique 😉 Votre cerveau a besoin d’une pratique méditative résolument tournée vers le temps long.

Il est difficile de juger par nous-même de la valeur d’une de nos séances de méditation. Car les effets de la méditation se font souvent sentir sur le long terme: notre cerveau étant complexe, et nos habitudes encore plus, les schémas neuronaux liés aux réflexes, conditionnements, habitudes… sont très longs à pacifier. Et c’est le cas avec

a- notre agitation mentale (grossière ou subtile) pendant la méditation

b- notre capacité à lâcher prise

c-la méditation de notions subtiles et souvent incompréhensibles pour notre entendement

d- les mécanismes en jeu dans nos réflexes émotionnels

Les 3 phases qu’utilisent les maîtres himalayens

Ce qui suit est un vaste et profond sujet, je ne fais que l’effleurer ici. Entre un individu « loin » d’avoir réalisé sa nature de bouddha et ce même individu l’ayant expérimenté, ne serait-ce qu’un instant, il y a plusieurs différences. Ici nous évoquerons l’une des différences majeures:  l’approche stratégique des maîtres de sagesse. Cette approche structure toute leur vie spirituelle, du début à la fin de leur vie.

Vue   Méditation  Action

 

Vue et méditation

Sur le chemin spirituel, le pratiquant va mettre en oeuvre des méditations pour obtenir des fruits, se relier à des « notions », des expériences qui vont être utiles à son élévation spirituelle. Mais ces pratiques s’appuient sur une VUE, c’est à dire sur ce vers quoi la méditation en question tend, ou ce sur quoi elle s’appuie. Ainsi il existe de nombreuses « vues« . (Nous verrons quelques exemples.) Puis une fois cette vue acquise, la méditation va s’appuyer dessus. Et enfin l’action au quotidien va contribuer à maintenir la vue et la méditation au coeur du quotidien. Il existe aussi des vues liées à la non-méditation, et donc des actions associées, mais là n’est pas l’objet de cet article.

Pour illustrer la notion de vue, prenons deux exemples:

Parmi toutes les approches pour dissiper les voiles des émotions perturbatrices, des conditionnements, du tempérament (karma) et de l’ignorance (non reconnaissance de notre nature de bouddha, les 3 corps de bouddha), le bouddha a conseillé la pratique de la générosité sous diverses formes extérieures, intérieures, secrètes et très secrètes. Si la vue du moment pour le pratiquant est de cultiver la générosité, alors il va s’y exercer sur le coussin de méditation avec des instructions particulières, des textes de pratiques, des rituels… pour que son courant de conscience baigne longuement dans des attitudes de générosité. Ces méditations plantent les graines de l’Habitude toute Généreuse. C’est en étudiant les bénéfices de la pratique des vertus transcendantes (générosité, éthique, patience, persévérance-énergie-enthousiaste, absorption méditative et sagesse-conscience-transcendante) que le pratiquant va comprendre les fondements et les fins de la pratique.

Un autre exemple est le vue suprême de la nature de l’esprit. Cette expression désigne l’expérience la plus profonde qu’il soit dans l’ensemble des traditions spirituelles authentiques. Dans le bouddhisme on parle d’expérimenter notre nature de bouddha, les 3 corps de bouddha (que nous sommes)… L’expérience effective de la nature de l’esprit est comme un saint Graal rarement expérimenté tant notre esprit est complexe. Les maîtres de sagesse disent pourtant que cette expérience est trop simple pour notre entendement habituel. Et les mots ne suffisent pas pour l’expérimenter. Si tel était le cas, l’humanité sera déjà éveillée, mais tous les grands saints ne sont pas encore arrivés à ce grand miracle qui est pourtant la nature profonde même de l’esprit de tout être. C’est donc le signe qu’elle est TROP SIMPLE à expérimenter.

Dans les voies profondes du Mahamoudra ou du Dzogchen, l’objectif du maître est d’introduire le plus tôt possible le disciple à l’expérience de la nature de l’esprit et de la nature des phénomènes. C’est là où les notions de vacuité, non-dualité, non-soi, 3 corps de bouddha, Terres de bouddha, claire-lumière, auto-libération, corps d’arc-en-ciel… entrent en jeu. L’introduction effective à la nature de l’esprit place alors le méditant au coeur d’une expérimentation directe d’enseignements hermétiques et profonds. A partir de ce moment-là, le méditant va relire et entendre les enseignements et pratiques sous un jour nouveau. Comme le dit Jamgoen Kongtrul, un très grand maitre tibétain du XIXe: la pratique des tantras n’est effective que depuis cette expérience de la nature de l’esprit. C’est pourquoi généralement les premiers mots débutant les textes de la voie du vajrayana évoque « le bouddha primordial » qui est notre propre nature de bouddha; invitant ainsi le méditant à se placer d’emblée en contemplation de celle-ci.

Si ces pratiques sont aussi transmises comme voie de dissipation des voiles masquant la contemplation de notre nature de bouddha, elles sont surtout faites pour être pratiquées depuis la VUE, c’est à dire la contemplation de la nature de l’esprit. Le pratiquant ayant la vue, c’est à dire ayant été introduit effectivement à la nature de l’esprit, peut alors méditer le rituel en question depuis la vue. C’est ce que l’on appelle l’union des phases de génération et d’achèvement. Sa pratique devient alors un processus alchimique de dissipation des voiles subtiles qu’il reste à purifier. La reconnaissance de la nature de l’esprit n’étant pas la fin du chemin… mais le début des Terres subtiles. Telles est l’approche de certaines voies.

On voit donc que le niveau de pratique dépend en particulier du fait que le méditant ait été ou non introduit effectivement à la nature de l’esprit. (J’ai pris la peine de souligner effectivement pour signifier qu’il y a une énorme différence entre participer à un rituel d’introduction à la nature de l’esprit et la vivre effectivement.) Le « challenge didactique » des maîtres est donc d’introduire le plus vite possible le pratiquant à la nature de l’esprit. Et à vrai dire, être sur les pas du Bouddha prend une toute autre ampleur après cette introduction.

Celui qui a été introduit effectivement à la nature de l’esprit va pouvoir faire feu de tout bois et chaque seconde de son quotidien va alimenter sa contemplation. Il a donc énormément de temps pour méditer. Sa vie devient méditation, mais pas dans le sens habituel du terme, tant demeurer en la nature de l’esprit au coeur du quotidien est loin d’être une notion saisissable par l’intellect.  😉

Nous avons pris ici deux exemples de vues, mais elles sont très nombreuses… Ici vous pourriez vous arrêter un instant et vous demander:

« Quels types de vues guident mes méditations?

Quels types de vues guident mon cheminement sur le long terme? »

Action

Les méditations s’appuyant sur une vue ou visant à s’y « reconnecter » vont familiariser l’individu à des notions, expériences, tendances, visualisations… Et en dehors des sessions de méditation, le méditant va cultiver une conduite en adéquation avec ses pratiques et la vue qu’il cultive. Ses actions vont alors contribuer à sceller et accroitre la vue en question au coeur de son quotidien.

Pour l’exemple de la vue liée à la générosité, l’individu va alors cultiver la générosité dans son quotidien avec son corps sa parole et son esprit. Cette intégration peut prendre de multiples formes (concrètes, visualisées…).

Pour l’exemple de la vue de la nature de l’esprit, en fonction de son niveau de pratique, le méditant va alors sans cesse constater (ou s’entrainer à voir) que les phénomènes sont les rayonnements de son propre esprit. Et là on entre dans un domaine fort passionnant, on pourrait même dire succulent, ou tout devient Nectar.

Des questions se posent donc:

Est-ce que votre quotidien TEL QU’IL EST est le terrain que vous utilisez pour intégrer des instructions de méditation?

Est-ce qu’au coeur du quotidien  vos actions, paroles et pensées, sont naturellement liée à une vue?

Voici ce qui peut résumer ce qui vient d’être dit:

Sans vue, notre cheminement est semblable à un voiler sans gouvernail, il suit le vent du karma.

Doté de la vue, nous dirigeons notre destinée vers les cimes enneigées des réalisations,

Vers la Grande Joie.

Sans la vue, notre méditation est une pâte sans levain.

Sous le Soleil de la vue, les pluies de Fleurs déversent leurs d’ondées de Grâce.

Sans l’infusion de la méditation dans nos actes, paroles et pensées,

Nous sommes tels des fous errant sans destinée Lumineuse.

Enracinée en la vue, la voie de l’action fait Feu de tout bois

Chaque acte, chaque mot, chaque son du quotidien sont des signes qui relient aux 3 corps de bouddha

Et accroissent la contemplation.

Pour notre propre bien et celui de tous les êtres.

Ainsi la Vue est le point clé.

Chers amis,

Partez en quête des Vues immaculées!

Arnaud Guétcheu

Envoi…

a- A l’heure du tout en un clic sur internet ou au supermarché, voulons-nous de l’express ou entendre que les maîtres de sagesse ont tous cheminé sur le long terme ?
b- Ne valons-nous pas mieux que quelques minutes de méditation par jour ?
c- A qui donnons-nous nos minutes chaque jour ?
d- Dans notre quotidien, où pourrais-je trouver du temps en faisant des choix… POUR MOI ?
e- Que puis-je déléguer chaque jour pour prendre soin de moi ? Ne serait-ce que pour établir une séance de 20 minutes par jour ?

Pour aller plus loin

A l’automne, pour aller plus loin sur le sujet, je vous inviterai à une série de conférences. Pour être invité.e, il vous suffit de vous inscrire via le formulaire ci-dessous.