Le repos naturel de l’esprit est le remède universel !

Oui mais comment faire ?

Cet article participe au carnaval d’articles initié par Hannah Sembély du blog Forme Santé Idéale sur le thème « histoires de guérisons », pour la 50e édition de la Croisée des Blogs du site développementpersonnel.org

Je vous offrirai un ebook compilant les 42 articles.

Dans mon article ci-dessous, il s’agit de guérison de l’esprit (émotions…).

Si je compare ma condition actuelle et celle d’avant ma découverte de la méditation, et plus spécialement de la pratique de celles nombreuses du bouddhisme tibétain, je constate que j’ai guéri de plusieurs choses. Ce n’est pas que certains aspects de ma vie, telles les émotions, les angoisses etc… m’aient poussé à m’orienter vers la spiritualité à vingt et un ans. Non, je n’avais pas de soucis particuliers. Ce qui m’a rapproché de cette belle science de l’esprit est un ami et un intérêt intellectuel.

Dans la tradition du bouddhisme himalayen, il n’est pas « traditionnel » de parler de soi ; même les grands maîtres ne le font qu’après de multiples requêtes ou lorsque les circonstances le nécessitent vraiment. Mais puisqu’il s’agit de partager des articles sensés motiver nos chers lecteurs, je viens de me livrer un peu. Que les protecteurs de sagesse me le pardonnent et m’y autorisent.

Quels changements ?

Voici ce que mon cheminement a changé, on peut donc dire que je me suis guéri de cela :

– Je cogite beaucoup beaucoup moins sur le passé, le futur ;

– la soif de biens ou de réussites m’importe peu ;

– mes émotions perturbatrices passent extrêmement vite et j’en retourne très vite à une paix « profonde viscérale » ;

– après une journée de travail je retrouve très vite le repos et commence une seconde journée : le bloging ! 😉 La journée est derrière !

– Les épreuves de la vie passent très vite… aussi vite que le fait de tourner au coin d’une rue ;

– les évènements ne me déstabilisent que très rarement ;

– j’ai la certitude que je vivrai la mort en pleine conscience et en paix ;

– bien qu’ayant un fond sérieux, j’ai beaucoup plus d’humour et de douce folie qu’avant ;

– je ne compte pas sur autrui pour être heureux et suis donc plus tolérant ;

– me sentant heureux, je ne cherche rien de particulier en la vie, si ce n’est partager ce bonheur et d’en enseigner les causes;

– la soif de richesses a été chassée par un sentiment de complétude, de richesse intérieure qui nourrit… Mon cœur en est « repu » ;

– mon rythme respiratoire a considérablement diminué ;

– je me sens très rarement fatigué ;

– la soif des louanges ou la peur du blâme ont quitté mon esprit ;

– j’ai une grande gratitude pour mes maîtres spirituels et les maîtres en général, alors qu’avant je rejetais la spiritualité !… « réservée aux fous ou farfelus » ;

– j’ai un immense plaisir à pouvoir partager cette passion sur un blog, j’en aurais été incapable avant.

Une brève parenthèse : la science a démontré les immenses bienfaits de la méditation sur le corps (système immunitaire, système cardiaque, hormones, souplesse…). Au point où la pratique le méditation (pleine conscience) est enseignée dans plus de 250 hôpitaux aux Etats-Unis, et cela arrive en France…

Mon cheminement

J’ai pratiqué une dizaine d’années la méditation à raison d’une heure par jour en moyenne, plus quelques retraites d’une semaine chaque année dans un centre de pratique ou à la campagne chez ma bonne Mamy Charlotte. 😉

Puis en 2000, j’ai eu la chance de faire une longue retraite cloitrée coupée du monde de un an. Puis une seconde de 4 années en 2003/2007. Ce fut deux aventures merveilleuses sous la direction aimante et habile de mon maître bhoutanais.

Ces longues retraites consacrées aux pratiques du bouddhisme himalayen tantrique fut une aventure profonde, humaine source de bien des changements. Bien loin d’être une période paradisiaque (nous ne sommes pas des bouddhas en retraite !) elle n’en fut pas moins l’époque la plus précieuse de ma vie, car elle a apporté de profonds changements.

Comment fais-tu pour toujours aller bien ?

Il y a peu une amie me disait « Mais comment fais-tu pour toujours aller bien ? ». En fait, il n’y a rien à faire ! On constate que l’on va bien, ou l’on constate que l’on ne va pas bien. Ce n’est pas au moment où les choses vont mal, ou l’on va mal, qu’il s’agit de faire quelque chose pour aller mieux. C’est parfois possible, mais l’essentiel réside ailleurs :

Après un travail de fond qui aura porté ses fruits, nous constaterons que nous allons bien dans des situations qui jadis nous auraient déstabilisés. La guérison ne peut s’opérer que rarement sur le coup, sur le champ. Elle est le fruit que l’on constate. Sur le coup est presque vain de vouloir trouver une recette miracle à la souffrance, aux émotions perturbatrices,. Sur le coup, c’est trop tard, c’est désespéré : nous endurons telle situation à NOTRE façon, en fonction de NOS conditionnements et de NOS tendances émotionnelles. Ce qui est à guérir est tout ce « package » qui conditionne et façonne nos façons de vivre les situations. Voir à ce sujet m on article « La réincarnation ici et maintenant en nos différents états psychiques »

Cet égo, seul et unique grain de sable !

Mais la réponse à cette question « Comment fais-tu pour toujours aller bien ? » n’est pas si simple ! Notre capacité à vivre plus sereinement les aléas de la vie, les obstacles, la maladie et la mort se travaille, se raffine. C’est tout l’objet de la spiritualité. A des étapes avancées de ce raffinement, « le pratiquant » peut demeurer en un mode d’être, un état, où cette entité chérie que l’on nomme égo, « petit soi », moi moi moi… n’a pas encore émergé. En cet état, il y a Présence sans centre ni périphérie. Puis, de là peut émerger un centre, l’égo. Cette émergence ne se produit que dans un second temps. En l’état primordial, dénué de centre, point de lieu, de terrain, de base sur lesquels pourrait apparaître une émotion perturbatrice. Les émotions perturbatrices naissent de ce centre et ce centre endure les émotions perturbatrices.

Du second mode d’être a-centré, non-centré, émergent spontanément les nobles qualités humaines. Tout ceci constitue un point essentiel du premier enseignement du Bouddha.

Notre nature profonde, notre vrai visage, est ce réceptacle vierge d’où émergent ce centre et tous ses jeux. Mais ce centre et ses jeux bien que se manifestant sont illusoires. Bientôt qu’étant illusoires ils se manifestent. Bien que l’état naturel de notre esprit soit a-centré, l’état habituel de notre esprit est centré. L’émergence de ce centre est « la mort » de notre état naturel a-centré. Ce centre est le grain de sable illusoire d’où vont émerger toutes les complications, et c’est lui qui va les endurer… Il est son propre bourreau… illusoire.

Pourquoi l’égo est illusoire ? Si nous cherchons à le localiser, cet égo ne demeure nulle part, ne vient de nulle part et ne part nulle part. Il est au-delà de l’existence et de la non-existence : il « apparaît » mais n’existe pas, il n’existe pas mais apparaît. Il en est de même pour les sons, les odeurs, les sensations tactiles, les goûts…

A ce sujet voir l’article : Le monde est radicalement silencieux

Quel lien avec la guérison ?

Si donc nous pouvons demeurer en cet état dénué de centre, alors aucun terrain sur lequel peuvent se développer les émotions perturbatrices. Nous reconnecter à ce mode d’être, qui est notre nature profonde, et demeurer en cet état est donc la solution, le remède ultime. Point de centre, point de souffrance, c’est donc la cessation de la souffrance. Ceci fut formulé par le bouddha lors de son premier enseignement. Et n’ayez crainte, ce mode d’être n’est pas un état moribond. Considérez-vous que le joyeux et bon Dalaï Lama soit un être moribond ? Tous les grands maîtres sont des condensés de joie et de paix.

Vivre centré et a-centré

Notre esprit a donc la capacité de fonctionner selon deux modes : le mode centré (avec égo) et son état naturel a-centré. Il peut passer de l’un à l’autre instantanément. Ces deux modes ne sont pas « mieux » l’un que l’autre, ce sont deux modes possibles, point.

Mais le mode centré a de fâcheuses conséquences puisque c’est de lui qu’émergent les émotions perturbatrices avec tout ce qu’elles ont de néfaste. Ce célèbre dicton « Les émotions sont le piment de la vie » est le comble du pathétisme ! Il est le reflet d’une absence d’expérience de la douceur de la grande paix et du contentement. Toute personne qui expérimentera son mode d’être a-centré ne formulera plus jamais ce genre d’ineptie. Mais qui sait : peut-être qu’au cœur de l’émotion, ces êtres aimant ce sel de la vie se libèrent-ils de la souffrance…

Il nous est donné d’expérimenter ces deux modes d’être, mais avant d’avoir expérimenté le mode d’être a-centré, nous ne pouvons l’appréhender, le concevoir. Les enseignements traditionnels utilisent des analogies. En voici une qui vous parlera : comment faire comprendre l’orgasme à une vierge ? Les mots sont insuffisants. Il est possible d’en donner un goût proche mais impossible d’en transmettre l’expérience directe.

Le dévoilement de l’état a-centré pourrait se décrire ainsi :

L’orage gronde

Remplit l’espace de ses tensions

De ses éclairs, trombes et bourrasques

Puis soudainement

le chant d’un oiseau

Disperse les nuages.

 

Se dévoile alors un ciel bleu immaculé

En un bain de soleil

Notre cœur accueille le frais parfum de la prairie

Peinture Karma Yéshé

Nous reconnecter

Il nous est donné de nous reconnecter à notre nature profonde. Les grands réalisés demeurent en ce mode tout en déployant leur activité altruiste pour le bien des êtres. Leur expérience du mode d’être ultime est continue tout en percevant les phénomènes relatifs propres au monde.

Certains pratiquants quant à eux ne demeurent pas en ce mode d’être mais peuvent s’y reconnecter « à souhait ». Pour eux, seule la vigilance leur suffit pour revenir au mode d’être a-centré. Ils ont alors la capacité d’auto-libérer les émotions perturbatrices sur le champ. En effet, s’ils tombent encore en les jeux de l’égo, la simple reconnaissance des émotions, associée à la contemplation de leur nature illusoire, leur permet de se placer en le mode d’être a-centré. L’émotion est alors « essorée », expurgée de ce centre problématique ; elle devient utilisable, source de joie et de félicitée : l’émotion perturbatrice a été auto-libérée, transmutée.

Le culbuto

Cette capacité à revenir à l’état primordial de l’esprit est parfois appelée souplesse ou force. Une fois le mode d’être primordial connu et tous les mécanismes qui nous en séparent sans cesse sont pacifiés, cette force à revenir à l’état primordial est naturelle. En fait, ce mode d’être a-centré est la position d’équilibre du culbuto qu’est notre esprit conceptuel. Une fois ce mode d’être reconnu lors de « la reconnaissance de la nature de l’esprit », le travail va consister à continuer à dissiper tous les mécanismes qui nous séparent sans cesse de ce mode d’être. C’est le but de la voie spirituelle.

Voici une excellente vidéo originale pour nous montrer combien le mode d’être a-centré est naturel, il est même « Trop facile », « Trop simple »… disent les enseignements du Mahamoudra.

Voir la vidéo

Tant que nous sommes sous l’influence des soifs, des peurs, des émotions… nous sommes ce culbuto qui navigue de droite à gauche. S’il se laisse aller à des mouvements incontrôlés, trop amples… il risque l’accident. En revanche s’il reste au repos, l’état naturel, pure stabilité, la Grande PAIX et le Grand Contentement sont GARANTIS ; il peut se reposer voire faire la sieste.

Revenir sans cesse au repos de l’esprit

L’état naturel de l’esprit est le repos. Bien que son état habituel soit quelque peu différent 😉

Au cœur des émotions, celui qui sait se reconnecter à l’état primordial de l’esprit aura la capacité d’auto-libérer les émotions. Mais la première des difficultés consiste à expérimenter une première fois cet état primordial. Ce n’est pas chose aisée, cela ne peut s’obtenir sans un travail conséquent. Bien que cela soit possible, il est rare d’arriver à cette expérience facilement. Et il est encore plus rare de pouvoir la répéter, la stabiliser et l’intégrer à tout notre quotidien domestique, professionnel, social…. Si cela était simple nous le saurions et les grands maîtres auraient pu facilement conduire tous les être au cœur de l’expérience. Bien que ce mode d’être soit naturel, il est « trop simple, trop proche, trop profonde et trop pure », notre esprit conceptuel et émotionnel le voile.

Pour découvrir deux excellents livres sur le sujet :

Voir le livre

Voir le livre 

Les 4 degrés spirituels

Dans cette approche, le chemin spirituel comporte 4 « étapes »  :

– Un travail préliminaire à l’introduction en ce mode d’être primordiale

– L’expérience de ce mode d’être (introduction à la nature de l’esprit)

– La pacification purification, des voiles et mécanismes qui nous séparent sans cesses de ce mode d’être

– La réalisation stable et définitive de la nature de l’esprit

Le repos se trouve déjà au deuxième niveau.

Cette description reste grossière et partielle, mais elle plante quelques repères.

La force de l’habitude

Lorsqu’il y a une certaine familiarité avec cet état primordial, il pourra « être utilisé » dès que nécessaire. Toutes nos pensées, émotions, réactions, pourront être passées « à la moulinette » de la nature de l’esprit. C’est un vaste et profond sujet.

Dualité et dualisme

Bien que notre nature profonde soit au-delà de ce centre, nous sommes aussi des êtres humains en lien avec d’autres, nous avons des activités dans le monde qu’il convient d’honorer et de vivre pleinement. Bien que la nature de notre esprit soit la non-dualité, nous pouvons néanmoins expérimenter le dualisme qui est une richesse, une beauté magique de la vie ! (Dualisme et dualité seront l’objet d’un autre article.) La non-dualité ne remet pas en cause le dualisme, le lien aux autres, au monde… ce sont deux modes d’être différents, deux plans de conscience qui cohabitent comme le lait mélangé à l’eau.

Lors de la messe de minuit 2001 à l’Abbaye de Cîteaux, l’abbé a dit :

« En accueillant l’inférieur, le supérieur n’en est pas diminué. L’inférieur participe du supérieur… »

A méditer…

Comment aller bien ?

Le processus est celui des vases communiquant :

Sur le chemin spirituel proposé par le Bouddha, la pratique de la vertu pacifie les émotions et voiles qui nous séparent de la nature de l’esprit. Ce chemin est d’avantage psychologique que religieux, c’est le « dharma ». Ce que le Bouddha préconisa fut une méthode aux nombreux outils (dont certains à forme religieuse) et non un dogme à apprendre, à respecter et encore moins à admettre d’emblée. Mettre en œuvre les outils conseillés, en étudier les bienfaits et en récolter les fruits est un processus infaillible car en nous ICI et MAINTENANT réside déjà cette nature profonde en paix. Notre quête du bonheur est à la paix ce que la fumée est au feu, elle en annonce la présence.

 

 

Et vous, qu’est ce que la méditation vous a permis de guérir ? Qu’aimeriez-vous guérir ?

Chuchotez-nous votre réponse dans les commentaires.