La vérité sur la photo INTOX d’Alvaro Munera

 "Alavaro Monera capitule !"

On vous ment !

Je vous révèle la vérité sur cette photo INTOX !

J’ai le plaisir d’écrire la suite de l’article de mon blog le plus lu quotidiennement durant l’année 2012. Cette photo nous montrant le toréador Alvaro Monera en train de capituler face à un taureau a fait le tour du monde. Mais la réalité est bien différente ! Nous allons voir cela.

 

Remarque:

cet article n’est pas orienté pour ou contre la corrida, et ne se limite pas à vous présenter une photo. Il aborde nos projections et la force utile de certaines « vérités relatives » et « vérités pédagogiques ».

  Mais tout d’abord voici un bref rappel (en bleu) tel qu’on le trouve sur internet : Cette photo incroyable marque la fin la carrière du matador Alvaro Munera de Torera. En plein combat, il s’est effondré de remords quand il s’est rendu compte qu’il incitait cette douce bête à se battre. Le regard du taureau sur cette photo en dit long. Même péniblement blessé par les picadors, cet animal n’a pas attaqué le toréador. Voici un extrait d’interview où Alvaro Munera explique comment il est devenu végétarien et militant contre la tauromachie :

« Soudainement, j’ai regardé le taureau. Il avait cette innocence que tous les animaux ont dans leurs yeux et il m’a imploré du regard. Ce regard fut pour moi comme un cri pour la justice qui retenti au plus profond de moi. […] J’eus l’impression d’être la pire merde sur la terre. […] Les Vaches sont parmi les plus douces créatures qui respirent; personne ne montre plus de tendresse passionnée à leur jeune lorsqu’ils sont privés d’eux. Bref, désormais je n’ai pas honte de professer un amour profond pour ces paisibles créatures. »

Avant de poursuivre pour vous présenter la vérité sur cette histoire, j’ai une question à vous poser : Avez-vous lu le premier article en totalité ? J’y exposais une façon rapide et efficace pour toucher notre « bonté primordiale » au cœur des tourments. Pour relire l’article CLIQUEZ ICI.

INTOX

Venons-en au cœur du sujet : cette photo est de l’intox ! Oui, elle n’est absolument pas ce qui est présenté. 1) Sur cette photo ce n’est pas Alvaro Munera (le toréador effectivement repenti et anti-corrida) ; 2) ce geste du toréro est un geste de « bravoure » face au taureau, c’est du spectacle ! 3) Ce n’est pas une réflexion de ce genre qui mis un terme à la carrière d’Alvaro Munera et l’a poussé à devenir un militant anti-corrida, mais un combat d’où il est sorti paralysé à l’âge de dix-huit ans ! Cette posture dangereuse face aux cornes du taureau est de la défiance qui vise à « démontrer » la totale domination du toréro sur l’animal. Voici deux articles anglophones au sujet de la photo du toréador : http://fiskeharrison.wordpress.com/2012/07/25/this-photo-is-not-what-it-seems/ http://www.snopes.com/photos/people/munera.asp

La Dent du Bouddha

Ce qui me semble intéressent ici n’est pas le débat sur la tauromachie ou le fait que les journalistes nous roulent dans la farine. Non, ce qui me semble utile à savoir c’est que certaines « vérités pédagogiques » peuvent avoir de grands bienfaits. Dans le cas présent, une photo mensongère a pu émouvoir de très nombreuses personnes. Face à cette photo, ces personnes ont développé toutes sortes d’émotions en fonction de leurs tempéraments. Et vous quelles ont été vos émotions ? Certaines personnes ont eu de la colère, d’autres de la tristesse, d’autres de la compassion… voire de l’agacement contre moi-même… etc… la palette est large. Dans mon article je vous invitais à « orienter » votre regard vers la bonté primordiale, la compassion, car cette scène peut nous y connecter. En lisant que le toréador vivait-là un moment de confession, la scène était lourde de sens et nous invitait à l’humilité, à la bonté… Le mensonge a au moins eu cette efficacité-là. Cela nous amène directement à l’histoire de la Dent du Bouddha, une célèbre histoire de la tradition himalayenne fournie en moyens habiles :

Une mère ayant beaucoup de dévotion pour le Bouddha demanda à son fils de lui rapporter une relique du Bouddha. Son fils partit pour un voyage d’affaire pour de longs mois et se rendit sur des lieux de pèlerinage. A son retour il oublia de rapporter une relique du Bouddha. Sa mère en fut très affectée ; elle était désormais âgée et ne voulait pas mourir sans avoir vu une relique du Bouddha. L’année suivante son fils se préparait à nouveau à partir en voyage d’affaires. Elle le supplia à nouveau de lui rapporter une relique du Bouddha. Mais cette fois elle lui annonça que s’il ne revenait pas avec une relique, elle mettrait fin à ses jours. Le fils partit en voyage avec cette importante requête. A son retour, peu de temps avant d’arriver, il se rendit compte qu’il avait encore oublié de rapporter une relique du Bouddha. Il trouva alors une solution : il prit une dent sur le cadavre d’un chien. Il enveloppa précieusement la « Dent du Bouddha » dans un tissu de soie blanche. Arrivé auprès de sa mère, il lui remit la « relique ». Sa mère, emplie d’une intense dévotion, ouvrit avec soin et respect le paquet. En voyant la dent du Bouddha elle atteint l’illumination !

 

Les moyens habiles en spiritualité

Les voies spirituelles comportent de nombreux moyens habiles, et en matière d’éveil « la fin justifie les moyens ». On peut dire que du point de vue pédagogique cette photo intox joue parfaitement son rôle et avec une belle efficacité me semble-t-il. Le bouddhisme tibétain, et plus particulièrement dans son approche tantrique, est une science de l’esprit qui mêle avec brio vérités ultimes, vérités relatives, vérités pédagogiques… pour faire murir notre entendement et le tirer vers les hauteurs contemplatives. Lorsque nous ne sommes pas habitués à cette pédagogie, notre intellect cartésien sourcille et doute. Cependant la partie au-delà de notre intellect reçoit les messages qui la font murir peu à peu. C’est en particulier vrai durant ce que l’on appelle la « phase d’approche d’une divinité ». Durant cette phase, le symbole opère un murissement de l’esprit et le sens du symbole est ensuite découvert par l’expérience directe, c’est la rencontre avec « la divinité » (notre nature profonde). A ce stade une compréhension nouvelle voit le jour : ces divers « plans de vérités » émergent d’une réalité profonde expérimentée par les contemplatifs : la compréhension de notre nature profonde, de notre vrai visage, de notre nature de bouddha. Pour eux, aucun moyen n’est à exclure apriori pour faire murir l’entendement de quelqu’un. Un maître authentique qualifié saura trouver le moyen approprié à l’individu à l’instant T.

Du symbole au sens

Les symboles et rituels ont diverses missions. Certains font murir notre esprit, certains placent en la contemplation et ouvrent notre discernement à de nouvelles réalités, d’autres développent des potentiels, d’autres dissipent des voiles… Les voies spirituelles, et autres outils de développement personnels, recèlent des trésors cachés qu’il nous est donné de découvrir peu à peu. Il est parfois difficile à nos intellects cartésiens d’avoir une grande foi tant qu’une conviction éclairée n’est pas née. Tout le challenge pour les maîtres, au service de leurs étudiants réside donc à trouver la voie qui plaira ou interpellera. Après un cheminement « significatif » la pratiquant accèdera au sens profond des symboles. Vérités ultimes, relatives, pédagogiques etc… ne font alors plus qu’une réalité : l’union du relatif et de l’ultime… tout comme l’espace et l’arc-en-ciel ne font pas deux.   Pour poursuivre cette série d’articles, prochainement : – Comment le mensonge est parfois utilisé pour faire le bien en spiritualité ? De nombreux défenseurs des animaux sont pleins de haine… Est-ce utile aux animaux ?  

Si vos voulez surprendre vos amis avec ces deux articles, partager le lien vers le premier, merci

http://www.terresderepos.tv/compassion-tauromachie/

11 comments

  • bullshit (1 année)

    Meme si le toreador repenti n’est pas celui de la photo, comment pouvez vous qualifier d’acte de bravoure un torero qui est assis apres avoir « mal » planté une epais dans les poumons du taureau et celui ci ne peut tout simplement plus bouger? J ai vu des centaines de corridas forcée par mon père et de mémoire, la mise à mort des taureaux (6 par corrida) est dans 99% des cas un fiasco…Ils recrachent le sang par la bouche, tient encore debout agonisant et impuissant et quand ils n’arrivent pas à le coucher, ils prennent une deuxieme epaix en croix et ils lui enfonce un bon coup sur le haut de la tête…le taureau tombe et vient alors un poignard qu’on lui enfonce dans la tête créant les secousses de l’animal couché pour l’achever…Voilà la réalité des corridas…La mise à mort prend autant de temps que le temps de la sortie du toril , picador, banderilles et face à face avec le « torero »…Alors, svp arrêtez de parler sans savoir…Que ce ne soit pas l’homme sur la photo peut être mais il n’y aucun acte de bravoure a s’asseoir a coté d’un futur cadavre, même un enfant innocent le pourrait…

    • Arnaud Guétcheu (11 mois)

      Bonjour, je suis d’accord avec vous. L’article n’avait aucun lien avec la promotion de la corrida que je déplore. Comme je l’ai écrit en tout début d’article:
      « cet article n’est pas orienté pour ou contre la corrida, et ne se limite pas à vous présenter une photo. Il aborde nos projections et la force utile de certaines « vérités relatives » et « vérités pédagogiques ». »
      Cet article et le premier sur le même sujet sont à lire sous l’angle que je vous propose… et non avec celui de la critique (justifiée) des corida.
      En d’autres mots, ces articles ne traitent pas de la coridas mais de nos projections.
      Merci pour votre message.

  • Bourgeois (2 années)

    Eh bien c’est dommage que ce ne soit pas lui, conquis par la compassion avant ses 18 ans et avant un accident, ou un autre dont le cœur aurait su s’ouvrir à la douleur de cet animal sélectionné parce que brave…
    Que pense t on d’un humain quand on dit qu’il est brave ?.. C’est pareil pour la sélection des taureaux. Mais parfois… la peur au ventre et la mort en face, tout animal peut devenir redoutable et dangereux.

    • Arnaud Guétcheu (2 années)

      Merci pour cette question très intéressante : « Que pense-t-on d’un humain quand on dit qu’il est brave ? »
      Dans la tradition himalayenne, sont appelés « courageux » (pawos) « ceux qui frappent en second »… Cela fait référence à leur grande capacité à lâcher-prise qui les amène à ne pas se sentir menacés, à ne pas céder à l’agressivité qui n’est que peur… Cette capacité est une grande ouverture, pur terrain de sécurité et donc grande force. Mais pour en arriver là, c’est peut-être l’union des deux sens du terme brave : le sens péjoratif et celui qui désigne le guerrier. Il faut parfois jouer les abrutis pour être Grand… Sur la voie de Shambhala on parle du Guerrier de l’humble.
      Dame Sagesse Populaire, derrière ses propos péjoratifs tu nous délivres sa profondeur…

  • Mimi (3 années)

    Je suis certaines que ce que vous avancez est vrai mais une partie de moi préfère croire que cette image représente réellement une personne touchée par le regard d’un animal qui souffre !!! Je préfère croire qu’il se peut qu’il existe un monde meilleur et que les gens ne sont pas aussi mauvais pour manipuler les sentiments des autres … Personnellement, cette photo m’avait fait pleurer !! J’aimerai tant qu’un jour l’être humain arrêté de faire du mal et surtout à ceux qui ne peuvent pas se défende !!!!

    • Arnaud Guétcheu (3 années)

      oui je vous comprends, et moi aussi cette photo m’avait ému. C’est à ce titre que je l’avais diffusée. Puis un lecteur m’avait informé en me donnant accès à la vérité. C’est pourquoi j’ai fait un second article et complété le premier article sur les vérités… Se conformer à la vérité c’est reconnaitre la souffrance des animaux, reconnaitre que l’on peut nous manipuler ET reconnaitre que l’être huamin est aussi capable de belles choses. Notre monde et ses habitants sont complexes !!

  • […] – Comment on nous ment avec cette photo. Découvrez la vraie version. Cliquez ICI pour voir l’… […]

  • Vincent (4 années)

    Bonjour,
    Quand on dit : « on vous ment ! », est ce que le « mensonge » n’est pas une interprétation différente de ce qui est ? Dans un dessein qui peut nous échapper sur le coup.
    Est ce que raconter les choses d’une façon acceptée par le plus grand nombre n’est pas qu’une convention ?
    Est ce que, la plupart du temps, un mensonge n’est pas qu’un moyen de défendre sa sécurité ? Tout au moins, ce qu’on croit être sa sécurité… ou d’asseoir son autorité ou se sentir supérieur ?

    Mais aussi, la réalité, la vérité, ne sont elles pas qu’une analyse, une image d’abord personnelle d’un l’évènement ? Une image qui, quand elle n’est pas acceptée par le plus grand nombre est appelée mensonge.
    Qu’est ce qui est vrai ? qu’est ce qui est faux ? juger et qualifier de vrai ou faux, mais dans quel objectif ?
    Qu’est ce qui est vraiment important ? L’évolution verticale vers la libération, ou la confrontation horizontale et sans fin entre chaque détail de l’existence relative ?
    L’observation, la réflexion qui augmentent l’expérience dans le quotidien en repoussant l’ignorance naïve, permet une évolution qui, à terme, passe au-delà des apparences.
    Les maîtres se meuvent dans la vérité karmique. L’illusion des interprétations est derrière eux, seule compte la progression sur la Voie.
    Bonne journée. J’espère ne pas être trop saoulant…

    • Arnaud Guétcheu (4 années)

      Bonjour Vincent,
      non non pas de soucis vous ne m’avez pas saoulé, je le suis déjà! « Ivre de joie »… Quand j’ai écrit « On vous ment » c’est tout simplement pour dire que cette photo a été utilisée volontairement pour manipuler le lecteur afin de servir une cause.(Mon propos n’est pas de débattre sur cette cause.) Je voulais donc introduire le lecteur au poids des convictions cependant éloignées de la réalité. Je voulais donc proposer deux lecture de cette photo, deux expérience de cette photo, avec l’intention, en effet, de montrer que parfois les vérités « pédagogiques » permettent une évolution verticale. Mais il convient de toujours savoir à quel type de vérité appartient tel ou tel enseignement. Ce que j’aime dans la sagesse himalayenne c’est que l’on nous dit clairement que tel ou tel enseignement appartient aux vérités ultimes, pédagogiques, historiques… Le grand danger étant de prendre pour réel ce qui n’est que superstition, idéologie… Tout l’art de la relation maître/disciple consiste à sans cesse ramener le « cheminant » du symbole à ce qu’il tente de désigner… De nos jours les symboles sont trop souvent pris comme ce qu’ils désignent… d’où de nombreuses dérives et fanatismes issus de la méconnaissance des finesses de l’herméneutique et donc de leur propre tradition. Les plus grands défis pour les sages sont sans doute d’ordre didactique… La didactique à de nombreux canaux… Au plaisir d’échanger. Les mots sont comme des fleurs de l’espace, né de l’espace… avec lequel elles font non 2, quelle merveille !

  • catherine M (4 années)

    très bel article ….. les moyens habiles …. cela doit être difficile de trouver le moyen habile qui interpellera la personne car chacun est différent et donc sera touché par des choses différentes ….. l’arc en ciel , le pont de l’esprit …

    • Arnaud Guétcheu (4 années)

      Bonjour Catherine, je vous avais fait une longue réponse mais elle s’est désintégrée avant que je n’aie cliqué sur le bouton ! Je prépare maintenant mes réponses sur word…
      Vous écrivez « cela doit être difficile de trouver le moyen habile qui interpellera la personne… ». Les maîtres authentiques ne déploient pas leur activité depuis l’intellect et la volonté, ils agissent spontanément car sont en phase, en empathie, avec l’autre. Leurs réponses aux situations sont adaptées et spontanée. La pratique des tantras permet de familiariser l’esprit avec des « univers » (mandalas) propres aux multiples classes d’êtres, cela permet aux maîtres de développer des capacités spontanées. Dans une moindre mesure nous pouvons nous aussi (en attendant d’avoir leur niveau de réalisation), faire ce genre de pratiques. Peu à peu notre esprit s’ouvre et a des réactions de plus en plus adaptées, pacifiées et donc efficaces.
      Quand un maître est Tout à l’Ecoute de l’autre, dans une profonde attitude de lâcher prise, un lien se crée avec l’autre et une brèche s’ouvre en lui. Le maître peut alors glisser une parole, un geste, un regard… libérateurs.
      Pour nous, tout cela semble compliqué. C’est pour eux c’est spontané tout comme nous respirons. C’est le signe manifeste qu’ils ont actualisé leur nature de Bouddha. A nous de suivre leurs pas pour réveiller ce potentiel qui est en chacun de nous. Nous sommes fortunés d’avoir accès à tout ce qui le permettra. C’est une vaillante certitude.
      Bien à vous

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