Savez-vous combien de mouvements différents vous devez faire pour déglutir?

Plus de 60! Et pensez-vous être le maître à bord pour qu’ils se produisent correctement? Il en est de même avec les mécanismes qui vous séparent de l’éveil mais aussi ceux qui vous y mènent et ceux qui vous y gardent!

Cette série de documentaires sur le cerveau est passionnante. Cette semaine nous poursuivons avec le neurologue David Eagleman qui explique que l’être humain ne contrôle vraiment qu’une toute petite partie de ses actes pendant que l’inconscient en dirige une grande part.

Pensées, croyances et décisions sont secrètement influencées par une partie du cerveau qui échappe à la compréhension : le fameux inconscient. Je vous retrouve après le documentaire. Après le visionnage de ce documentaire, je vous propose un article dont la lecture pourrait être les minutes les plus précieuses de votre vie. Je ne me lance là aucune fleur, car ce dont il sera question ne relève pas de ma petite personne mais de VOTRE propre nature de bouddha!

 

Suis-je maître de moi-même?

 

L’ignorance fondamentale

Si l’objectif de ce documentaire n’est pas de nous donner des clés pour déjouer notre inconscient et il aborde peu la puissance qu’il y aurait à nos libérer de certains mécanismes de l’inconscient. Abordons ici le sujet CENTRAL des enseignements du Bouddha: l’ignorance fondamentale

L’ensemble des conseils du Bouddha, et des autres grands maîtres des traditions authentiques menant à l’expérimentation de notre nature ultime, visent à nous faire réaliser la méprise dans laquelle nous sommes: notre mode d’être habituel est caractérisé par une polarisation moi-autrui, moi/le monde, le centre/la périphérie… Par exemple en ce moment VOUS êtes face à l’écran. Ce mode de perception est dualiste. C’est un mode d’être habituel mais un mode d’être parmi d’autres possibles! Ce mode d’être nait de l’émergence d’un soi (égo, centre…) qui vous fait donc affirmer « Je suis », « moi », « mon »… Et ce mode d’être est profondément normal et encodé dans les couches les plus profondes de notre esprit. Hélas nous n’expérimentons pas que ce mode d’être n’est rien de plus qu’un mode de perception qui n’est qu’une seule face d’une pièce. L’autre face étant le mode d’être non-dualiste. Nous pouvons fonctionner sur ces deux modes là.

Au terme de sa quête, le Bouddha a identifié que ce qui endure et génère les émotions perturbatrices c’est la perception d’un soi (égo, je, centre…) perçu comme existant de lui-même, permanent et un. Si cette perception est humaine et « normale », il n’en demeure pas moins qu’elle n’est qu’une perception qui s’élève en notre courant de conscience. Dès l’émergence de ce soi (égo, centre…), une foule de mécanismes cognitifs en découlent, c’est la naissance en le mode d’être samsarique, la ronde des « renaissances » (de ce soi et dans les états qu’il induit).

Et cette ronde peut parfois prendre plutôt la forme des montagnes russes émotionnelles.. toutes nées de la perception d’un soi. Cette perception d’un soi, cette petite « entité », ce grain de sable, ce micro-moustique, ce grand menteur, ce grand magicien… déploie ses jeux et nous tient par le bout du nez!

Mais qui tient-il?

En menant son investigation en regardant ce soi droit dans les yeux, le Bouddha n’y a rien trouvé d’autre qu’une « apparence » qu’il n’a pu trouver! Puis en se reliant à cette expérience il en est arrivé à l’expérience que la solution à la souffrance était

1- de réaliser (expérimenter effectivement) le caractère illusoire de cet égo qui bien que se manifestant n’existe pas;

2- de reconnaitre et de demeurer en notre « vrai visage », notre « vrai corps » qui est bien plus vaste que ce à quoi nous nous identifions habituellement.

Mais ceci constitue des sujets qui dépassent l’objet de cet article. Je tenais néanmoins à les évoquer parce que ce dont il est question sur la voie proposée par le Bouddha est justement d’identifier les mécanismes inconscients qui nous lient à l’expérience duelle où le soi (égo, centre…) est le maître à bord mais aussi le bourreau et la victime… illusoires!

Les conseils du Bouddha sont donc TOUS entièrement tournés vers cette stratégie en 4 temps:

-1 Pacifier l’esprit, pacifier les voiles (émotions, conditionnements, karma, ignorance fondamentale)

-2 Expérimenter (découvrir) la nature illusoire de l’égo et des phénomènes (expérimenter étant bien autre chose que la compréhension conceptuelle). Ce qui est aussi appelé « expérimenter la nature de l’esprit ».

-3 Demeurer en la nature de l’esprit

-4 Faire Feu de tout bois pour demeurer en la nature de l’esprit

Et de cette approche naissent naturellement mille et uns fruits que nous n’aborderons pas ici.

Accéder à un mode d’être non-dualiste est « l’affaire de toute une vie » et ne peut s’appréhender par l’intellect. Les voies proposées pour cela visent à dissiper les voiles que sont les émotions, les conditionnements, le karma et l’ignorance fondamentale qui nous séparent de ce mode d’être non-dualiste, qui est un état premier (dans le temps) par rapport au mode dualiste qui émerge sur la base de mécanismes cognitifs. Si bien que notre mode d’être habituel dualiste est un « état second » donc ne participant pas de ce qui caractérise notre nature la plus profonde. Et par-dessus cette nature profonde viennent se greffer de multiples couches de vernis opaques, dont celles qui masquent la contemplation de notre nature profonde, vierge, nue, ouverte, pure, créative, rayonnante…  semblable à un ciel bleu immaculé d’été himalayen 😉 et d’où TOUT émerge : sons, odeurs, sensations tactiles, goûts, images et pensées.

TOUT, radicalement TOUT est le déploiement dynamique de ce réceptacle sans limite qu’est… votre esprit.

Le premier documentaire de la série nous l’a démontré scientifiquement. L’expérimenter directement est une toute autre affaire, c’est justement le but des enseignements du Bouddha et d’autres traditions authentiques. Si dans le documentaire il était question de cerveau, nous avons noté que les scientifiques n’osent pas faire le pas de plus et ne se posent pas cette questions pourtant ESSENTIELLE:

Oui, tout ce qui est perçu est généré par le cerveau, mais ce que l’on perçoit n’est pas le cerveau. Donc qu’est ce que c’est?

Je vous laisse méditer cette question un moment. S’il dure, suivez-le.

Et c’est là où nous arrivons les BIG Questionz’

Quelle la nature des apparitions sensorielles qui s’élèvent en notre expérience ici et maintenant?

Si les sons proviennent du cerveau, qu’est ce que le son?

Si les odeurs proviennent du cerveau, qu’est ce que l’odeur?

Si les goûts (saveurs) proviennent du cerveau, qu’est ce que le goût?

Si les sensations tactiles proviennent du cerveau, qu’est ce que la sensation?

Si les images proviennent du cerveau, qu’est ce que l’image?

Je ne répondrai pas ici, et je vous laisse méditer ces questions au calme… quelques véritables minutes l’une après l’autre. Ce pourrait être les minutes les plus précieuses de votre vie!!!

Inconscient et illusion

Face aux  « phénomènes apparitions » (ce qui s’élève dans nos consciences sensorielles), nous sommes comme ivre d’illusion, nous sommes comme une personne dans le noir apeurée par un serpent alors qu’il ne s’agit que d’une corde. Il serait prématuré d’expliqué ici TOUT ce qui relève de l’illusion dans notre expérience ici et maintenant. Donnons juste un petit exemple:

Lorsque vous pensez à quelqu’un qui déclenche des émotions négatives (ou positives), vous passez alors plus ou moins de temps à vous dépatouiller avec vos émotions. Et pourtant, si on y regarde de plus près: vous avez fait s’élever le souvenir (images, sons, paroles, odeurs…) de cette personne et toute votre expérience émotionnelle est donc née de VOTRE mémoire, de VOS souvenirs… et non de la personne qui n’est pas là vraiment.

Votre expérience se construit donc sur la base d’une méprise, en vous-même, avec vous-même, pour vous-même ou contre vous-même.

Oui je vous l’accorde, c’est un peu dur à avaler cette réalité 😉 Mais c’est ainsi que fonctionne notre esprit, ce grand magicien qui fait son show… à nos dépens.

Ceci nous ramène au sujet du documentaire de cette semaine: Suis-je maître de moi-même?

Il devient évident que nous sommes victimes de nos modes de fonctionnement. Comprendre que de complexes mécanismes conduisant aux émotions sont en jeu, les expérimenter, les pacifier, les transcender… nécessite toute une science de l’esprit. C’est précisément toute la richesse et la puissance de la voie du Bouddha et des incroyables moyens habiles déployés par la voie himalayenne, aussi appelés tantras.

Au fil des cheminements proposés, une étape clé (et tant convoitée) est précisément l’introduction à la nature de l’esprit et des phénomènes. Ineffable expérience, elle est rarement effectivement vécue, même après de très longues années de pratique. Il est dit que les maîtres et pratiquants l’ayant expérimentée sont aussi rares que les étoiles sen plein jour… mais il est des contrées ou les Etoiles en plein jour sont plus nombreuses qu’ailleurs. Pour la bonne et simple raison que nous sommes DEJA une Etoile en plein jour mais que nous ne l’avons pas encore reconnu. A qui la faute: à cet inconscient qui nous dicte ses lois et nous rend aveugle à notre nature de bouddha qui est DEJA là!

C’est pourquoi la VUE est primordiale au début, au milieu et à la fin du chemin spirituel. Car si ce sont des mécanismes de l’inconscient qui nous séparent de l’éveil, ce sont aussi des mécanismes de l’inconscient qui peuvent nous conduire à l’éveil et nous y maintenir! La stratégie va donc consister à chuchoter des choses utiles à notre inconscient. Par exemple en lui montrant la nature illusoire des phénomènes et en en faisant notre meilleur allié.

Au début réfléchir à la Vue oriente notre entendement et notre pratique vers des voies qui nous permettront de réaliser notre nature de bouddha, et ne nous égareront pas vers des objectifs d’un second ordre.

Ensuite, la Vue sera expérimentée, c’est à dire que l’ineffable se révèlera.

Sur cette base, une Révolution intérieure transforme radicalement notre perception du « monde » alors expérimenté comme l’indissociabilité du « monde ordinaire » et d’une Terre Céleste. C’est pourquoi toutes les traditions mystiques abordent ces notions des domaines célestes, de la transfiguration du monde… La métaphysique est quelque chose de très très concret. Il s’agit de revenir à cette questions sur « Qu’est ce que les apparitions sensorielles? » et vous serez au coeur du sujet.

Une fois le méditant fermement enraciné en la contemplation de la nature des « apparitions sensorielles » et des phénomènes, il va déployer des moyens habiles pour dissiper les mécanismes réflexes générateurs d’illusion. Si habituellement ces mécanismes le conduisent à manipuler les apparitions sensorielles pour les réifier et en faire des objets d’attraction ou de répulsion, à partir du moment où ces mécanismes et leur incidence sont perçus, ils deviennent eux-mêmes des portes d’entrées dans la contemplation de la nature de l’esprit, notre nature de bouddha. A ce stade de pratique, TOUS les phénomènes, toutes les paroles, toutes les pensées deviennent des signes orientant le regard intérieur vers la contemplation du Déploiement Magique du Dynamisme de l’Esprit semblable à un Rêve, une Illusions, un Arc-en-ciel, le reflet de la Lune sur l’eau… TOUT devient alors le Corps, la Parole et l’Esprit du Bouddha, indifférencié de notre propre Esprit.

Quand les mots deviennent réalité, un coup de tonnerre peut retentir…

Si ces mots peuvent sembler abscons, pourtant on les retrouvent en essence dans toutes les grandes traditions contemplatives: de l’Indouisme en passant par la mystique chrétienne, la kabbale juive ou les poèmes soufis. Signe que l’essence de notre nature profonde ne saurait dépendre d’une époque, d’une religion, d’une école ou même de notre propre niveau de spiritualité. Notre esprit participe déjà ici et maintenant de la nature de bouddha. La question est donc: souhaitons-nous étudier et méditer pour en réaliser le sens?

Si la réponse est oui, l’une des stratégies possibles et innovantes, est de rester connecté.e à Terres de Repos, car l’automne 2017 vous réservera de Grandes Surprises!

Pour ce faire, le petit formulaire ci-dessous sera votre meilleur ami 😉

Dernier indice avant de vous laisser aux quelques méditations suggérées dans l’article: l’ensemble des écoles ayant poursuivi l’activité altruiste et inspirée du Bouddha ont mis en oeuvre les moyens les plus habiles et judicieux pour nous reconnecter à notre nature profonde. Il est parfois des évènements discruptifs qui marquent un tournant pédagogique. L’histoire des écoles spirituelles en ont été ponctuées, en particulier le courant nyingma qui est souvent « une transmission directe sautant les générations. La transmission directe se fait par l’intermédiaire des termas (trésors cachés), textes dissimulés par d’anciens maîtres, en général Padmasambhava, découverts par les tertöns (découvreurs de trésors) en tant qu’objets matériels ou visions. » (Source)

A une époque où les pratiquants occidentaux ont pour certains reçu des transmissions profondes de plusieurs écoles, en on fait l’expérience directe, nous avons la chance de pouvoir désormais unir les connaissances des maître spirituels, de la science et de nouvelles technologies. Et nous pouvons parfois célébrer l’émergence d’approches novatrices venant éclairer des textes généralement hermétiques. C’est ce que je vous proposerai humblement mais fièrement dans « un avenir certain »…

Restez connecté.e aux publications sur ce modeste blog d’un méditant errant sans réalisations…

Et maintenant?

Cet automne, je donnerai une série de conférences inédites, innovantes mais également traditionnelles. Pour rester connecté.e le petit formulaire ci-dessous sera votre meilleur ami!