Janvier 2002 – Début de l’aventure: Bodhgaya

Partie 1 :       Mon séjour à Bodhgaya en 2002

En janvier 2002, juste après ma sortie de retraite de un en novembre 2001, j’ai fait mon premier voyage en Inde lors dans le cadre d’un pèlerinage, dirigé par Drukchen rinpoché, un grand maître tibétain.

janvier 2002

 


Drukchen Rinpoché (cliquer pour agrandir)

Nous nous sommes rendus sur des lieux saints liés au Bouddha, dont Bodhgaya où il atteint l’éveil. Après ce pèlerinage d’une quinzaine de jours, j’ai décidé d’utiliser les trois mois de validité de mon visa pour parcourir l’Inde. Si dans un premier temps mon envie de découvrir l’Inde de long et en large était forte, je me suis vite fait magnétiser par la douceur de Bodhgaya : la quiétude sous l’arbre du Bouddha, la paisible atmosphère des nombreux temples, la chaleur des indiens malgré leur dénuement… et le climat parfait m’ont cloué sur place avec douceur ; plaçant aux oubliettes les multiples destinations initialement prévues. Je suis donc resté trois mois à Bodhagaya, où, est-il dit, tous les bouddhas atteindront l’éveil.

 La beauté et la douceur de ce séjour ont pénétré mon cœur, mon corps et mon âme. Elles ont cellé à jamais la certitude que la vie devait être dédiée au repos en la bonté… une douce bonté qui nourrit, comble et fait de la vie une friandise aux multiples facettes à partager.

 

Au terme du pèlerinage d’une quinzaine de jours avec Drugchen rinpoché, j’ai dit au revoir au groupe de nombreux pèlerins, dont ma bonne mère.  Je demeurais alors à Bodhgaya. J’ai croisé quelques français qui résidaient chez l’habitant… et quel habitant ! : celui qui allait devenir mon ami Shiva.

mon ami Shiva (2002)

 J’ai résidé deux mois chez Shiva avec qui j’ai tissé des liens étroits, sincères et profonds. Shiva a été rickshaw-wala : durant de longues années il a conduit un taxi à pédales à trois roues ; c’est un travail de force très difficile souvent exposé à de très fortes chaleurs.

Un rikshaw-wala

Découvrir la difficulté de ce métier fut sans doute l’une des expériences les plus marquantes de mon premier séjour en Inde. Mais l’Inde est riche de ce type d’expérience ! En rencontrant Shiva, qui avait fait ce métier durant de longues années, j’ai mesuré combien il est difficile pour eux de changer de profession. Certes l’abolition des castes est officielle en Inde, mais elles restent encore très présentes. Changer de niveau social est encore bien difficile, voire impossible pour certains.

J’ai donc logé deux mois et demi chez Shiva. Cet homme d’une grande bonté avait su et pu quitter cette condition de chauffeur de force et s’élever peu à peu : dans un premier temps il eut une petite échoppe à roulettes où il vendait du papier hygiénique ! Puis il réussit à ouvrir un restaurant avec un ami : The original Polé Polé.

The original Pole Pole

Bien que ce restaurant figure dans l’OnelyPlanet il n’en demeure pas moins un restaurant aux faibles revenus. Ayant pour clientèle principalement des pèlerins logeant dans le monastère situé de l’autre côté de la rue, ce petit restaurant très « roots » (une paillotte) n’est pas une source de revenu extraordinaire. Néanmoins, il permet à Shiva de scolariser ses enfants sans trop de difficultés, la haute saison apportant son lot de pèlerins tibétains, asiatiques et occidentaux. Shiva s’est élevé peu à peu socialement mais son niveau de vie reste bien bas, un bref coup d’œil en son logis éclaire à ce sujet !

Avant de quitter Bodhagaya, fin mars 2002, j’ai offert à ses deux garçons, Manoj et Niranjan, tout le nécessaire pour la nouvelle année scolaire (deux tenues pour l’école chacun, un cartable, des cahiers, stylos, livres… et l’inscription à l’école). Ceci ne représenta qu’une bonne centaine d’euros ! Cette somme restait bien inférieure à la valeur de leur accueil chaleureux durant ces deux mois et demi à la maison.

Niranjan et Manoj (2002)

Pour les remercier du séjour j’ai acheté une machine pour couper la paille. Tous les matins, leur plus jeune fille Rinku, alors âgée de quatorze ans, coupait la paille à la main pour alimenter leur buffle et confectionner les briquettes à base de paille et de bouse qui constituait le carburant pour le feu. Les chapatis, fines galettes de pain blanc accompagnant le riz et les légumes, préparées et cuites par Rinku avait une saveur enrichie par tout ce contexte.

Rinku et ses excellentes chapatis.

Une perspective pour les femmes du village…

Rinku quant à elle aurait préféré que j’achète une machine à coudre. L’avenir verra sans doute fleurir ce souhait.

En quittant Bodhgaya et Shiva, je me suis promis d’y retourner et de contribuer à l’amélioration de leur vie. L’Inde est un pays où plus d’un milliard de personnes vivant bien en dessous de notre niveau de vie occidental. Etre resté longuement chez des locaux devenus amis laisse une douce empreinte qui redéfinit les priorités de la vie et modifie la hiérarchie des objectifs et des valeurs. Ce voyage a semé en moi une graine pleine d’amitié, de fraternité. Il m’est donné aujourd’hui de laisser cette relation se déployer en d’altruistes et fraternels projets.

La famille de Shiva

 

Shiva et sa famille: cherchez l’intru ! (2011)

Quelques images du voyage 2002:

Le parc de l’arbre du Bouddha (2002) Désormais les bougies sont remplacées par des guirlandes électriques moins salissantes que les bougies.

A ne pas manquer! Débats philosophiques sous l’arbre du Bouddha

Il faut sortir des sentiers battus pour aller rencontrer les yogis…

Réalisation de ma statue de Maitreya (le bouddha du futur). Elle a fait le vol Delhi/Paris sur mes genoux.

Rinku

Nous en resterons là pour aujourd’hui. C’est un plaisir de vous relater les débuts de cette belle aventure.

Dans le prochain article je vous parlerai de mes retrouvailles avec Shiva en juillet 2011, ainsi que  mon voyage  dans le village en février 2012 accompagné de cinq amis dijonnais.  Certains d’entre eux ont déjà manifesté l’intention de s’impliquer activement dans cet altruiste projet. Dans le prochain article, j’aborderai concrètement le projet de création de L’Ecole des Soleils.

 

Pour découvrir la genèse du projet et son évolution:

L’ école des Soleils

L’ école des Soleils germe

1: La genèse du projet avec mon séjour à Bodhgaya en 2002

2: Retour à Bodhagaya – juillet 2011

Au plaisir d’échanger…

Vos commentaires nous intéressent et constituent le ferment de la suite de l’aventure.

One comment

  • LOUICHE (4 années)

    J’aurai tant aimé faire partie de cette expédition !
    Lucien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Filtre anti-spam * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.


Go to Top