Avez-vous remarqué qu’à chaque moment intense de votre vie votre corps est de la partie? Avez-vous remarqué qu’il vous fait vivre une grande variété de sensations au fil de vos états d’âme? C’est le lot de chacun et les théories à ce sujet vont bon train. Ici nous ne nous égarerons pas vraiment dans toutes sortes de lectures et remèdes, nous irons droit au but: votre coeur sensible qui est le terrain et le sujet qui vit toutes ces sensations.

L’objectif est clair: vous faire passer de la boule au ventre à la boule au coeur. Cette dernière n’étant faite que de Joie.

Tout d’abord, notons que nos sensations sont utiles dans le sens où elles participent à une boucle de rétroaction entre notre corps et notre esprit : le corps envoie des signaux à notre esprit (« Je suis conscient de… ») afin de l’informer d’un déséquilibre. Donc tout sentiment d’inconfort, émotion négative, angoisse… indique au sujet que la situation ou la façon de l’appréhender ne lui convient pas. Notez qu’il y a une grande différence entre « la situation » et « la façon de l’appréhender« .

Sur la voie du Bouddha et des Amis de Bien qui poursuivent son oeuvre, le sujet (expérimentant les situations) est LE point sur lequel nous devons attirer toute notre attention. Le je-centre-ego est celui qui génère et endure les émotions perturbatrices. Son émergence, plus ou moins dense, est à la source de nombreux mécanismes qui polarisent notre expérience, c’est la naissance du sujet-individu au coeur de sa propre expérience. Ceci constitue la seconde Noble Vérité énoncé par le Bouddha « Il y a une cause à la souffrance ». Cette affirmation est donc très pragmatique : c’est cette « sensation viscérale je-centre-ego » qui vient nous arracher au mode d’être beaucoup plus ouvert, spacieux, souple, tout-accueil… qui est notre état primordial, la Grande Simplicité de l’Esprit, antérieure à l’émergence de centre ne pointe son nez malgré nous. Cet état primordial est le mode d’être naturel de l’esprit, avant qu’on y ajoute la perception d’un soi-centre-ego certes bien « présent » mais dont la nature est peut-être moins réelle-solide qu’on ne l’imagine.

D’ailleurs, pouvez-vous le chercher un instant ce je-centre-ego« et nous dire où il est?

Oui, il se manifeste avec force, parfois avec pertes et fracas, mais il n’en demeure pas moins un grand magicien qui, à chaque instant, cherche à prouver son existence toute relative mais quelque peu despotique. Et c’est de lui que naissent les boules au ventre!

Il est bien connu que les émotions sont le sel de la vie, absolument! La vie de ce je-centre-ego qui revendique son existence, lutte et se rebelle, y compris lorsqu’on cherche à lui faire comprendre qu’il n’est pas plus qu’un grand menteur dirigeant notre existence. Il n’aime pas dame sagesse qui peut démasquer son petit jeu.

Nous fonctionnons ainsi depuis la nuit des temps:  à partir d’une base (la nature profonde de notre esprit) nous pouvons vivre sur deux modes d’être à nous-même et au monde : soit faire l’expérience de ce centre sans reconnaitre sa nature, soit expérimenter notre nature profonde antérieure à l’émergence de ce centre. Ce second mode d’être n’est pas dénué de présence et de qualités. Au contraire, il est le siège et la cause de mille et uns fruits qu’évoquent tous les sages et traditions spirituelles. Tous! Ces fruits sont très goûteux, enracinés dans notre quotidien et à son service.

Tant que nous n’avons pas fait l’expérience de ce mode a-centré, nous cultivons le terrain des boules au ventre et autres signes physico-psychiques impactant nos affects, notre santé, nos relations, nos trajectoires de vie et nos potentiels. En revanche, faire l’expérience, ne serait-ce que quelques secondes du mode d’être primordial ouvre un horizon ineffable. Cette expérience devient alors immédiatement le nord sur notre boussole : nous savons alors ce dont nous sommes capables en matière de lâcher-prise et nous touchons ce pourquoi nous sommes nés : vivre heureux et bâtir une vie goûteuse.

OH oui, ce sont de grands mots, mais pourtant tout le monde sait que c’est l’horizon qui nous appelle. Qui ne cherche pas le bonheur? Hélas bien peu de monde ne dirige son regard et ses actions vers les moyens habiles qui nous ramèneront à ce mode d’être primordial au coeur même de notre quotidien tel qu’il est.

Ce mode d’être constitue notre nature profonde, il est donc toujours accessible car simplement masqué derrière des voiles adventice nés de l’esprit. Nous pouvons donc nous mettre en marche pour le découvrir, dissiper les nuages qui le masquent (émotions perturbatrices, conditionnements ramenant à ce je-centre-ego…) puis nous en remettre avec confiance à ce mode d’être qui est un terrain de grande confiance en soi, en la vie, en la potentiel de l’Homme.

Une fois que nous avons expérimenté ce mode d’être, nous savons que c’est en lui que réside le Joyau qui exhausse tous les souhaits. Cela redonne une place toute relative aux chimères à l’origine de ces boules au ventre! Nous savons par l’expérience directe que nous sommes nés pour être bien dans nos baskets, ouvert à la vie et que nos talents peuvent s’exprimer.

Oui ce sont de bien grands mots, mais tel est l’horizon qui est déjà en le coeur de chacun.

Pourquoi avoir choisi ce visuel en début d’article? Tout simplement parce qu’on me fait souvent la remarque que je ne parle pas souvent de moi. Voilà c’est fait 😉 Je vous ai partagé une parti de mon parcours, depuis il s’en est passé de l’eau sous les ponts…

Chaleureusement

Arnaud