Y a-t-il des jours où vous atteignez vos limites ?

Connaissez-vous des zones d’inconfort où certaines situations ou certaines personnes vous poussent à sortir de vos gonds ?  Vous aimeriez pouvoir vous préserver de ces situations ou aimeriez pouvoir les aborder sereinement ? Je vous propose quelques approches.

"Alavaro Monera capitule !"

Cet article contribue au carnaval d’articles « Le jour où j’ai atteint ma limite » organisé par Jérôme du blog Changer de Vie par l’Action. Ce carnaval d’articles est co-organisé par A La Croisée des Blogs.

Rester zen face à ceux qui vous agacent

Parfois, je manifeste de l’agacement face aux personnes qui se comportent de façon irrespectueuse, avec orgueil ou colère. Cet agacement est devenu « homéopathique », mais jadis, ces situations faisaient s’élever en moi de la colère, certes modérée mais colère quand même. Les longues années de méditation, et surtout les 5 années de strictes retraites coupé du monde au cœur de la tradition himalayenne m’ont permis de pacifier cette tendance. Le peu de fois où je me laisse surprendre par cette vieille tendance, la vigilance et le discernement suffisent à retourner au calme très vite. Je vis de nombreuses situations de façon bien différentes maintenant, avec le recul je me dis que j’étais plein de tocs ! Vous voulez des exemples ?

Faire tomber un bol de chocolat sur mes pantoufles avait le pouvoir de m’agacer. Ne pas réussir à remettre une chaine de vélo, devoir assurer une charge de travail supérieure à celle des collègues, me trouver à côté d’un groupe de personnes bruyantes dans les transports, me trouver dans des bouchons, avoir faim, être fatigué… toutes ces situations faisaient s’élever de l’agacement. Désormais elles sont toutes des occasions de constater que je demeure serein, elles sont donc toutes de grandes bénédictions !

Ces situations semblent anodines, et pourtant 99% de celles qui polluent le quotidien ne sont pas plus importantes que cela. Même les situations plus problématiques ne sont pas plus importantes que cela. Seule votre attitude intérieure face aux situations conditionnent vos émotions. A ce sujet, je vous conseille mon article sur le Karma.: LE KARMA COMME JAMAIS EXPLIQUE.

Oui mais comment rester zen ?

Si avant certaines situations ou personnes m’agaçaient fortement, désormais je constate que je ne le suis plus. C’est ainsi. Je n’ai plus à gérer l’agacement, je constate qu’il n’est pas là. On me demande souvent « Comment fais-tu pour ne pas te mettre en colère face à autrui ? » La réponse est décevante : Rien ! Il n’y a rien à faire ! Oui, je n’exagère à peine. L’état de non-agacement ne se décrète pas, on le goutte lorsque le travail à long terme à porté ses fruits. Ok, je vous l’accorde, il y a bien quelques techniques pour minimiser ou dissiper notre agacement, mais la meilleure façon de nous en défaire est un travail à long terme qui déracine l’agacement.

Une fois la capacité à lâcher-prise développée, il vous sera possible de « capituler » sur le champs lorsque l’agacement jaillira en vous. Une fois les fruits récoltés, il vous sera possible de vous re-poser en un état de lâcher prise où aucun centre n’est là pour générer et endurer l’agacement. Cette façon de faire est une « non-méditation » où l’on « laisse tomber notre esprit en lui-même »… En tibétain on dit RANG BAP. Ceci est un profond et vaste sujet.

Au coeur de cette habileté, chaque situation qui me ramène à l’agacement est comme une cloche de vigilance qui me permet de me ressaisir et de me replacer en cet espace de « no-meditation land » où personne n’est là pour endurer l’agacement. La recette miracle est donc double : vigilance et « discernement profond ».

Ces deux capacités se cultivent. De nombreux outils permettent de les développer mais ils ne peuvent se transmettre en quelques articles : c’est l’affaire d’une voie à part entière qu’il est possible de recevoir… mais qu’il est surtout important de PRATIQUER assidument. 100% des assidus habiles gagnent !

Petite question pour vous faire méditer :

Au moment de l’agacement, qu’est ce qui tremble et endure l’émotion ? Peut-on lui trouver une taille ? Une dimension ? Une couleur ?

Cherchez et faites-moi part de vos trouvailles dans les commentaires.

[…] A vous de méditer.

La méthode par le mental

Si dans une situation d’agacement, vous ne pouvez pas vous replacer en cet état de profond lâcher-prise, une autre approche permet d’utiliser l’adversité du moment pour l’intégrer : observez autrui et déterminez quels sont les affects qui conditionnent ses paroles et ses actes à ce moment précis. Bien souvent, vous constaterez qu’il est sous l’emprise d’émotions positives ou perturbatrices.

De là, vous pourrez avoir des sentiments altruistes à son égard :

Si l’individu est en joie,

par exemple si ses sifflements de joie vous agacent, réjouissez-vous POUR LUI, réjouissez-vous que cet être soit joyeux. Voici une situation relativement fréquente qui illustre bien cela: vous êtes au travail et en bavez. Pendant ce temps-là un collègue se tourne les pouces ou prend du bon temps. Vous connaissez ça ?

Au lieu de pester, de râler ou d’être jaloux : réjouissez-vous pour lui qu’il en soit ainsi ! Ce sentiment est de l’amour.

Ce n’est pas chose aisée, mais si vous réussissez à vous réjouir pour lui avec sincérité vous récolterez de grands bienfaits !

Développer ce sentiment de façon sincère vous donnera la capacité de lui demander et d’obtenir un coup de mains  😉

Si l’individu est en colère, orgueilleux

prenez conscience qu’il est en souffrance et souhaitez-lui (mentalement) de quitter cet état. Cette intention est de la compassion. Ce n’est pas évident d’avoir une telle intention face à quelqu’un qui vous agace vraiment. Toutefois votre esprit ne pouvant pas être en même temps en la colère et en la compassion, cet exercice aura de grands bienfaits : il vous permettra de polir cette tendance à l’agacement. Agir ainsi c’est re-formater nos réseaux neuronaux formatés pour nous mettre en colère !

Cette seconde approche porte en partie ses fruits sur le champ, mais elle est surtout efficace sur le très long terme. Elle est un excellent investissement !

Entrainez-vous à cela encore et encore ! Faites-en une habitude. Ainsi, plus vous rencontrerez d’enquiquineurs, plus vous pourrez pratiquer ces exercices. A chaque fois où vous les pratiquerez, vous polirez cette tendance à l’agacement. Les enquiquineurs seront ainsi vos meilleurs maîtres et amis.

C’est l’une des façons d’intégrer l’adversité sur la voie spirituelle.

C’est l’une des façons d’intégrer l’adversité sur la voie spirituelle.

C’est l’une des façons d’intégrer l’adversité sur la voie spirituelle.