Les blogueurs se mettent à nu … pour vous aider à passer l’hiver !

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Voici ce qui a le plus boosté mon propre cheminement.

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J’ai le plaisir d’organiser l’évènement interblogueurs « La croisée des Blogs », via le site Développement Personnel. Vingt blogueurs de développement personnel ont joué le jeu. Je vous communiquerai tout bientôt la liste des articles et une synthèse.

Mais dans l’immédiat je me mets à nu… Je me livre à vous avec 7 conseils du coeur afin de vous montrer ce qui aura été le plus bénéfique pour mon cheminement.

Touché par un lieu et des êtres

J’ai découvert le bouddhisme par l’intermédiaire de Frédéric, un ami d’enfance, qui m’a invité à participer au nouvel an tibétain au Temple de la Boulaye (Palden Shangpa) en 1992, j’avais alors 21 ans. Je n’avais jamais été attiré par la spiritualité auparavant. J’ai été touché par ce lieu, par l’ambiance, par les maîtres que j’y ai découvert. Ce nouvel an tibétain 1992 fut comme un coup de tonnerre. Je venais de découvrir ce que j’allais m’offrir de plus précieux, mais j’étais encore loin de le savoir !

Conseil du cœur n°1 : garder un état d’esprit ouvert et curieux, des merveilles se cachent là où vous n’osez pas ou ne souhaitez pas regarder !

Le lama détend

Dans cet univers j’y ai rencontré des maîtres aux charismes différents. J’ai particulièrement accroché avec un maître jovial, généreux et fêtard ! En fait, pour tout dire, j’ai vite compris qu’un maître n’était ni une statue poussiéreuse, ni un intellectuel qui nous expose des tartines de sagesse, ni un personnage austère ou tiède. Je venais de rencontrer tout le contraire de ce que j’imaginais avant au sujet des hommes spirituels ! J’avais donc une culture bien terne et erronée sur le sujet. Notre culture et notre époque ont sans doute perdu les gens de cet acabit…

Les maîtres bhoutanais que je rencontrai sur place avaient un charisme incroyable mêlant douceur, bonté et rayonnement puissants. Au début, et cela durant bien des années, j’avais même du mal à soutenir leur regard aimant et lumineux… C’est comme si mon cœur était trop petit pour contenir toute la bonté qu’ils m’envoyaient. J’ai mis bien des années à décoder cette gêne ! Une fois cette gêne passée, mon cœur devint comme un arbre qu’ils prirent soin d’arroser de leur bonté. Puisse leur vie être longue et leur activité ne pas rencontrer d’obstacle.

Mais l’un des aspects le plus impressionnant, c’est leur capacité à détendre les personnes qui viennent les voir avec amour et respect. C’est un profond et lumineux sujet… Mais ce que j’ai constaté très vite c’est qu’en leur présence je me sentais BIEN ! Le lama détend ! ahahahaha

Conseil du cœur n°2 : partez à la recherche d’êtres hors normes et en lien avec ce que l’homme peut développer de meilleure comme fibre. Ils feront faire des « bonds quantiques » à votre entendement, à votre fibre… à votre cœur.

L’entrée en retraite

De fil en aiguille, j’ai découvert la pratique de la méditation. J’ai vite découvert des sensations de plénitude que je n’avais jamais expérimentées par la passé. Je n’étais pas quelqu’un de particulièrement stressé. Ces sensations, après une pratique régulière de quelques semaines d’exercices de calme mental, m’ont convaincu que cette science de l’esprit qu’est le bouddhisme himalayen était un trésor exceptionnel à m’offrir, à offrir aux autres. De me suis donc investi en la pratique régulière, non sans faire de longs breaks. Puis en 2000 je suis rentré en retraite pour une année complète dans un petit cloître où nous furent une dizaines d’hommes à pratiquer plus de 14 heures de méditation par jour 7j/7j !

Le jour de l’entrée en retraite mes amis et ma famille étaient là, ce fut une très belle journée. Il m’accompagnaient dans ce qui allait devenir la plus belle aventure de ma vie. J’en profite pour les en remercier du fond du cœur. En 1992, le bouddhisme et ce genre de retraite, n’était pas encore bien vus. De nombreuses personnes se sont fait du souci pour moi !

Mais ce que je veux évoquer ici, c’est cet instant ou je me suis retrouvé à l’intérieur du « centre de retraite » après avoir quitté les proches et passé la porte du cloître que se ferma derrière nous. A cet instant précis je me suis dit :

« Waououou… tu es là pour prendre soin de toi de façon non-stop pendant 1 an ! »

Cet instant fut un profond lâcher prise… qui se poursuivit plusieurs jours. A cet instant, quelques larmes perlèrent. Ma gratitude se tourna immédiatement vers mes proches qui venaient de m’accompagner et vers les bienfaiteurs qui me permettaient cette aventure intérieure.

Conseil du cœur n°3 : la vie nous est donnée pour que l’on prenne soin de soi et que l’on prenne soin des autres. Faites la liste de tout ce qui peut vous aider à accomplir ces deux actes nobles et passez à l’action sans relâche.

On peut se détendre en nos passions

Cette retraite de un an ne fut pas un long fleuve tranquille. On n’rentre pas en retraite en étant bouddha, on ne parcours pas la retraite en étant bouddha et on n’en ressort pas bouddha. Peut-être certains…

Si bien que mes deux retraites d’une année et de quatre années furent ponctuées d’émotions. La seconde fut même la plus gratinée ! Je ne fus pas toujours un petit ange… Les tendances et l’égo ne sont pas des bêtes dociles que l’on dissipe en deux coups de cuillère à pot.

Mais, au fil du temps j’ai vu s’élever en moi d’avantage de souplesse. L’un des moments les plus marquants fut cet instant où je constatai que la paix et les émotions pouvaient être simultanées ! Je venais de toucher cet instant où l’on peut se dire :

« Ok lâche prise… tu es en la terre ferme du contentement. »

C’était lors d’une « phase d’approche » de Tara, la « divinité » mère de tous les bouddhas. En d’autres mots, cette pratique permet de nous reconnecter à la partie profonde de notre être qui est Pure Sécurité, Non-Peur, Grand Lâcher-Prise et Confiance Inconditionnelle.

Toutes les circonstances et les expériences qui peuvent vous montrer cela sont de précieux maîtres. Le plus précieux des maîtres est celui qui pourra réunir les conditions pour que vous expérimentiez la libération au cœur du tourment. Ce maître est plus précieux que celui qui vous caresserait dans le sens du poil pendant des millions d’années. Oui, le maître est parfois un arracheur de dent qui nous sort de nos zones de confort pour nous montrer comment nous libérer au cœur du tourment !

J’ai eu la grande chance d’être guidé par un maître qui maîtrise à merveille les « 4 types d’activités » pour « polir au plus vite » notre esprit. C’est l’activité des yogis au grand cœur et aux habiletés puissantes et profondes. Ces maîtres ne s’arrêtent pas à la notion de convention ou d’usage mais, avec une bonté sans limite, se focalisent sur le fruit recherché en agissant spontanément.

Pour ma part, c’est à la valeur des fruits de mon cheminement que je mesure la valeur de mes maîtres.

Conseil du cœur n°4 : au cœur des affects, il y a une plus grande protection que la lutte et la fuite : la confiance en la douceur et lâcher-prise. Derrière le rideau de fumée de vos affectes se trouve un espace de fraîcheur toujours accessible, c’est votre nature profonde. Animez-vous pour devenir peu à peu capable de flirter avec cette zone de liberté…

Différence entre sainteté et perfection

Notre esprit est conditionné, voilé, perturbé… et demeure peu souvent « en union avec la Grande Paix » qui caractérise sa nature profonde. Mais lorsque l’on fait connaissance avec cette partie de nous, nos défauts et limitations nous paraissent comme des « souillures » qui finiront par se polir et disparaitre avec la pratique spirituelle, elles ne sont qu’adventices.

Dès que nous avons un aperçu de notre nature profonde, aussi appelée la nature de l’esprit, nous savons que la perfection est longue à atteindre mais qu’une partie de nous est absolument saine, nous pourrions presque dire sainte.

C’est pourquoi certaines personnes peuvent être de véritables maîtres sans pour autant être des êtres humains parfaits. Il y a une différence entre détenir de la sagesse, des réalisations et être parfait.

Il est un livre excellent qui aborde ces réflexions : Après l’extase la lessive de Jack Kornfield.

Pourquoi vous parler de cela ? Parce que j’ai passé beaucoup de temps à juger et à essayer de comprendre tel ou tel acte de mes maîtres. J’ai stoppé ce « mauvais jeu » un jour où j’étais auprès de l’un d’eux. Nous étions seuls et des disciples venaient un à un frapper à sa porte pour des enseignements, des bénédictions, des questions… Ce que je vis fut stupéfiant :

chaque personne tapait à la porte d’une façon bien spécifique et ouvrait la porte d’une façon spécifique puis pénétrait dans la maison d’une façon tout aussi spécifique. Il fut très surprenant voir ce maître avoir une attitude différente avec chaque personne. C’est comme si la façon de frapper, la façon d’ouvrir la porte et la façon de dire bonjour dictaient les actes, attitudes et paroles du maître. Je l’ai donc vu se comporter tel un caméléon spontané, tel un miroir… dans des attitudes très variées en « phase » avec chaque personne. Surprenant !

Cela dura tout l’après-midi avec de nombreuses personnes qui reçurent des « bénédictions » en parfaite adéquation avec leur façon d’être. Ce moment fut très très riche d’enseignements. Il me permit surtout de comprendre qu’en faisant abstraction de lui-même le maître rentrait en parfaite empathie avec autrui. L’énergie qu’il renvoyait à l’autre était à chaque fois comme une danse ou de l’Aïkido, vous savez cet art martial qui n’est pas lutte mais usage de l’énergie de l’adversaire. Là l’énergie était utilisée pour guider, apaiser, soutenir, éclairer… ou secouer ! Je compris alors que le maître, dans ces circonstances, agit sans calcul avec grande bonté.

Conseil du cœur n°5 : mesurez la valeur de vos guides à vos progrès et non en passant votre temps à juger leurs actes.  Cela vous fera gagner du temps ! Beaucoup de temps !

Tsa/ loung / tiglés

Parmi toute la palette de pratiques que j’ai reçues durant les 5 années de stricte retraite dans les lignées Kagyu et Shangpa, les exercices de Tsa/loung/tiglé* furent ceux qui « m’impressionnèrent » le plus par leur efficacité. Ces exercices associent visualisation, exercices respiratoires et travail énergétique. Ils sont au calme mental ce qu’un un biturbo à une voiture !

Conseil du cœur n°6 : activez-vous à préparer le terrain pour accueillir ce genre d’exercices.

Une fois l’horizon ouvert, point besoin de béquilles

Ces puissants exercices m’ont permis d’expérimenter des états d’intense calme mental. Ces états apportent une grande clarté, une grande ouverture d’esprit, un fort contentement et un puissant enracinement en l’ici et maintenant. Tout cela réuni donne la capacité de « zapper » les petites bricoles du quotidien qui d’ordinaire nous dérangent, nous chiffonnent… tout en y répondant avec des actes adaptés, créatifs et plus efficaces.

Cela peut même donner la capacité d’aborder des épreuves qu’il aurait été bien difficile de traverser autrement. C’est ainsi que j’ai pu vivre des séparations, des décès, des obstacles… avec une bonne assise intérieure tout en ayant un cœur aimant, non partisan et serein. C’est dans ces moments-là que l’on mesure la valeur de notre cheminement. C’est dans ces moments-là que l’on mesure le chemin parcouru. C’est dans ces moments-là que l’on mesure la valeur de ses maîtres ! C’est dans ces moments-là que je me dis :

« Quel luxe ! »

Les obstacles sont alors autant de moments où l’on peut gouter le fruit du travail spirituel investi. Je peux ainsi affirmer que jamais plus je ne pourrai m’offrir chose plus précieuse que ces années de retraite ! Le corolaire étant le profond respect pour les maîtres qui ont guidé mon cheminement avec leurs charismes respectifs. Je ne pourrai jamais les remercier assez !

Conseil du cœur n°7 : Puissiez-vous peu à peu prendre goût à étudier et méditer ce que les sages nous ont légué ! C’est commencer à exploiter notre précieuse existence humaine pour faire les deux bien : le nôtre et celui d’autrui.

Et vous ?

Quels ont été les éléments forts de votre cheminement ?

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